SOUVERAINETÉ PRATIQUE. — COMMENT ELLE EST EXERCÉE
La souveraineté pratique de ce pays est renfermée dans le parti dominant et exercée par ses chefs, dans une très grande proportion, par comités, conventions de parti et caucus. Quelques chefs de parti, dans les conventions de l'État et de la nation, rédigent et proposent une série de résolutions, qui sont adoptées par les conventions ; généralement sans aucun débat ou sans aucune discussion, et sans le temps nécessaire pour un examen suffisant. Les résolutions, ainsi préparées et adoptées, sont admises et publiées, comme la profession de foi (platform), contenant les linéaments du credo du parti, et quiconque ose mettre en doute leur exactitude est regardé et traité comme infidèle à son parti. Malheur au candidat à une place, à l'aspirant à la faveur du parti qui ne souscrit pas à chaque iota ainsi qu'à chaque maxime de la dernière « platform » de son parti. Elle exprime, dans une certaine mesure, l'interprétation que fait le parti de la constitution ; elle déclare les pouvoirs du gouvernement, quant à certaine mesure capitale, et la politique que le Congrès et l'administration doivent suivre ; elle constitue pour le moment la loi suprême du parti, plus puissante que la constitution elle-même, ou la réalisation pratique de la constitution, et plus obligatoire qu'une décision de la Cour suprême.
Les credos de parti et les « platforms » , adoptés hâtivement et avec peu de considération, seulement