‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 66 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pour unir le parti et recueillir des votes, eurent une influence très pernicieuse et souvent dangereuse sur l'action du Congrès et les législatures de l'Etat, et sur l'action du Président elle-même, restreignant d'une part leur action et de l'autre les poussant dans le but de réaliser les mesures de parti extrêmes, parfois d'un caractère révolutionnaire ou dangereux.

Le New- York Weekly Times, du 9 mai 1868, disait très justement : « L'effet pratique de notre gouvernement est simplement un gouvernement des partis. C'est la volonté du parti dominant, et non pas la volonté du peuple, qui contrôle et dirige les principales affaires. Ceux du peuple qui n'appartiennent pas au parti dominant, n'ont pas plus d'action dans le gouvernement que s'ils vivaient en France ou à A Iger. Ils sont étrangers, non pas aux yeux de la loi, mais aux yeux du gouvernement actuel du pays. Un résultat nécessaire de ceci, c'est que les officiers du gouvernement doivent être les agents du parti dominant, et s'ils cessent d'être ces agents, s'ils tentent d'agir pour eux-mêmes au lieu d'agir pour leurs mandants , ils doivent être démissionnes. »

En se rapportant à la nomination de Robert Lowe comme chancelier de l'échiquier d'Angleterre, en décembre 1868, bien qu'il se fût opposé à la politique des libéraux quant au bill de réforme, le New- York Times disait : « Mais M. Gladstone apprécie telle- « ment ses talents, et l'influence qu'Us lui donnent, et « préférerait tant l'avoir pour ami que pour ennemi, « qu'il lui présente la meilleure position dans le « cabinet de son administration future. . .

a M. Gladstone est évidemment sous l'impression « que la force d'un parti ne consiste pas complètent ment dans le nombre de ses notes; que le talent, la « faculté de discuter, la sagacité et un caractère per- « sonnet élevé, comptent encore pour quelque chose, « même dans un parti qui possède largement la pré- « pondérance. »

Nous avons sur tout cela des idées si surannées dans ce pays. Quand un parti possède une forte majorité de votants, il peut faire tout ce qu'il veut. Il n'a besoin de l'assistance de personne, et dédaigne de regarder en dehors de ses lignes pour trouver de l'assistance. Tout ce qu'il doit faire, doit être de bien pourvoir ses adhérents et de veiller à ce que « la moindre miette » de patronage ne vienne pas à tomber en partage à ceux qui sont hors de son sein.

« Dans ce pays, le pouvoir est le parti dominant. Le gouvernement n'est rien autre chose que le parti. Tout ce qui aide le parti, aide le gouvernement. Le seul mode convenable et légitime d'aider le gouvernement est pour ce motif d'aider le parti. Tout ce qui y contribue est bien, tout ce qui le néglige est mal.

Ce principe fondamental du gouvernement populaire n'a évidemment pas encore pénétré l'esprit anglais. Les partis, spécialement en Angleterre, pensent qu'il est convenable de s'assurer la confiance et l'assistance de leurs adversaires aussi bien que de leurs adhérents fidèles. Le sentiment général de tout le pays leur semble avoir une certaine râleur, et ils essayent de le mettre de leur côté.

« Ou regardera probablement comme une preuve

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