CHAPITRE II
l'incapacité des nègres comme race, dans l'exercice convenable du pouvoir politique, jusqu'à ce que l'expérience ait eu lieu sincèrement dans les circonstances les plus favorables et ait abouti à un fiasco.
La portion esclavagiste du parti démocratique ne saurait jamais non plus être convaincue que le nègre possède quelque capacité pour le self-government, jusqu'à ce que le fait ait été établi par l'expérience. Rien que l'expérience et la pratique, dans les circonstances les plus favorables et pendant une période de plusieurs années, peuvent attester sincèrement et déterminer, à la satisfaction de tout homme raisonnable, la force et la faiblesse, les capacités et les incapacités de la race nègre, et leur aptitude ou leur inaptitude au self-government complet et à l'exercice du pouvoir politique.
L'état de confusion de l'opinion publique sur le sujet est tel, qu'il semble nécessaire de passer à l'expérience. Si elle est entièrement heureuse, tout sera bien; les oppositions à la mesure disparaîtront graduellement, et un grand et nouveau principe sera établi dans notre s}7stème de gouvernement : le suffrage universel. Si le quinzième amendement à la Constitution est adopté et que l'expérience vienne à échouer, il y aura une terrible réaction à ce sujet, qui enlèvera l'existence au parti radical de l'égalité nègre, et on commencera une violente agitation pour amener le retrait de l'amendement nuisible, et pour amender les Constitutions nègres du Sud ; et l'agitation sera continuée jusqu'à ce que les fins soient atteintes, ou que nous soyons de nouveau plongés dans la guerre civile.
Il y a une forte proportion d'hommes de couleur instruits du Sud, depuis le demi-sang* jusqu'aux sept-huitièmes de sang blanc, qui ont hérité dans une large mesure du talent d'un deux, trois ou plus d'ancêtres blancs. Quelques-uns des membres de cette classe feraient de bons officiers, et si les nègres consentaient à choisir leurs chefs (leaders) parmi les meilleurs, les plus intelligents de cette classe et parmi les hommes blancs de la plus haute position, les élire aux offices, au lieu de suivre la direction et d'élire des hommes perspicaces et ambitieux, mais illettrés du type purement africain, il y aurait beaucoup moins d'objections contre le suffrage nègre. Mais le début même du système a enflammé des aspirations politiques dans les esprits de beaucoup de gens des plus illettrés de la race ; et les électeurs colorés n'ont généralement pas montré la capacité de distinguer entre les gens d'éducation et ceux qui en manquent, entre les gens d'un jugement sain et bon d'une part, et les visionnaires et les impatients d'autre part. Un esprit de clan a souvent suscité dans leurs esprits le soupçon que personne, sauf les nègres de sang pur, aussi illettrés et aussi pauvres qu'eux-mêmes, ne sympathise complètement avec eux.
Le suffrage nègre a été imposé aux habitants blancs des onze États sécessionnaires, et établi, par leurs nouvelles constitutions, formées sous l'acte de reconstruction du Congrès. Que l'expérience ait lieu sincèrement; si elle réussissait, il serait temps alors de l'imposer aux États qui ont refusé de l'incorporer à leurs constitutions. Le bien public n'exige pas qu'il