‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 97 sur 211 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

du Michigan et de quelques autres états, qui défendent les mariages entre blancs et nègres. Telle est la seule restriction légale aux rapports sociaux et aux mariages entre personnes de différentes races , qui existe dans notre pays.

Le peuple se réunit en société pour jouir des rapports sociaux ; pour favoriser son propre plaisir ou son intérêt — et non pas dans un but de bienveillance, ni pour développer les jouissances des personnes qui lui sont inférieures en intelligence et en position sociale. Dans un paj^s peu peuplé et dans de petits villages, il y a très peu de distinctions sociales; presque tous se rencontrent dans une seule société dans des rapports d'égalité ; mais dans les villes et les pays à population dense, il en est tout autrement. Tous ne peuvent pas s'y réunir en une seule société ; pour ce motif, ils se divisent en nombreuses sociétés partiellement distinctes , mais plus ou moins mêlées, association dépendant de la similitude de l'éducation et des opinions, du goût et des conditions de la vie , des sympathies de nationalité et de race, ainsi que de l'intérêt et des rapports d'affaires.

Les gens instruits, intelligents et raffinés, n'ont généralement pas de raison pour s'associer aux ignorants et aux rustres. Ils ne peuvent retirer ni jouissance, ni avantage de semblable association. Les riches n'ont pas de motif, en règle générale, de s'associer aux pauvres. Ils ont assez d'associés de leur propre classe, et ne peuvent pas dans les villes tenir société avec tout leur voisinage. S'ils invitent le pauvre dans leurs maisons à des réjouissances, ces derniers ne peuvent pas leur rendre ce plaisir et

n'ont pas les moyens de les intéresser. De là l'impossibilité pour le riche et le pauvre de s'associer dans des rapports d'égalité. Des milliers de gens dans une situation modeste ont été complètement ruinés par les efforts ambitieux de s'associer à des personnes riches, de se vêtir, et de vivre de manière à accomplir ce but.

L'égalité sociale ne concorde pas avec les différences naturelles existantes entre les hommes, ni avec l'état de choses existant dans chaque pays. La situation officielle, les différences dans le talent naturel, l'éducation et les opinions, la nationalité, la race et le langage, dans le goût et les habitudes de la vie, dans les occupations et les affaires, ainsi que dans les ressources et la manière de vivre, tout cela tend naturellement h former des distinctions et des divisions dans la société et à rendre impossible l'égalité sociale. Il y faut ajouter beaucoup de préjugés, gui ne peuvent pas être facilement surmontés.

Les distinctions et les inégalités dans la société, étant produites par des causes naturelles, ne peuvent pas être surmontées par des lois humaines. Puisque tel est le cas, la population de couleur do notre pays doit pour une longue période et peutêtre pour les âges à venir, former entre elle des sociétés, distinctes de celle des blancs, tant pour les rapports sociaux que pour les exercices religieux. Ils ne peuvent trouver aucun avantage comme race, des efforts tentés pour les imposer à la société blanche. Les discussions et efforts des philanthropes du Nord d'élever la situation des nègres à un état d'égalité civile, politique et sociale avec l'homme

blanc, fut une des principales causes de la rébellion ; ils rendirent plus acharnée et plus sanglante cette guerre terrible; et pouvaient troubler la paix et l'harmonie de notre pays, pour un demi siècle à venir.

Pope, le plus philosophe des poètes anglais, dit :

« L'ordre est la première loi du Ciel ; et ceci reconnu, Quelques-uns sont et doivent être plus grands que les autres. Plus riches, plus sages. Mais celui qui en infère, Qu'ils sont plus heureux, choque tout sens commun. »

Les efforts de l'homme pour rendre égal par des lois arbitraires et des coutumes imposées, ce que la Providence divine a fait inégal seront inefficaces.

SECTION VII

THÉORIE DE LA DÉMOCRATIE PURE, SON ACTION, IMPRATICABILITÉ DE L'ÉGALITÉ POLITIQUE.

Une démocratie pure dans son sens strict, signifie un gouvernement dans lequel tous les mâles adultes de la communauté possèdent des droits et un pouvoir politiques égaux , et participent également aux travaux pratiques et à l'administration du gouvernement dans toutes ses branches législative, executive et judiciaire. Tel est le cas de l'église baptiste, où chaque corps distinct de fidèles constitue une église et un gouvernement indépendants ; et comme elle est peu nombreuse, et que le sujet et la juridiction spéciales du gouvernement ecclésiastique sont très limités, un pareil système etunesem-

blable forme de gouvernement peuvent être réalisés, mais il est complètement impraticable lorsqu'il est appliqué à un État ou à un pays. Mais si Ton entendait parler d'une démocratie représentative au lieu d'une démocratie pure et que chacun doive avoir des droits et un pouvoir politiques égaux dans le but de mettre en action ce principe, comme chaque homme possède le même droit que son voisin d'occuper une fonction sans tenir compte du caractère ou de la capacité, tous les officiers devraient être élus par le sort, comme l'étaient à Athènes beaucoup de fonctionnaires et non par le choix et le favoritisme ; personne ne devrait être élu à une fonction ou la conserver plus d'une année, jusqu'à ce que tous ses concitoyens ayent eu leur tour et que le cercle d'action ait été parcouru. Dans la législation, les représentants devraient être liés dans tous les cas, par la volonté des électeurs de leur district électoral, toutes les lois seraient alors un composé des opinions et des volontés des électeurs de l'état ou de la nation , en sorte que les opinions de chacun des électeurs auraient le même degré d'iufluence sur la législation et le gouvernement du pays.

Telle est la théorie d'une démocratie représentative pure. C'est une belle théorie ; si tous les hommes étaient vertueux et si aucun n'était extrêmement égoïste, si tous étaient dotés de talents naturels égaux, avaient une expérience, une intelligence et une capacité égales, ou étaient dotés par la divinité d'une égale sagesse et bonté, ce serait aussi beau en pratique qu'en théorie.

Mais malheureusement tel n'est pas le cas, et de

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