‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 98 sur 211 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

là la théorie est impraticable. En remplissant les fonctions d'un pays elle tient le vice et l'extrême égoïsme, l'ignorance et l'inexpérience comme les égaux de la vertu et de l'intelligence ainsi que de l'expérience et de la capacité à remplir une position officielle. Elle remplirait nécessairement presque toutes les fonctions de gens inexpérimentés et incapables.

Chaque pays serait bientôt réduit à l'anarchie par un semblable système ; il serait impossible de tenir la société réunie. Les hommes trouveraient bientôt nécessaire de résister aux exactions, aux corruptions et aux tyrannies des officiers ignorants et mauvais, de défendre leurs propres droits et de redresser leurs offenses par la force. Même les sauvages ont pour chefs, les plus remplis de talent et de capacité d'entre eux; ils ne sont pas assez simples pour reconnaître que tous sont également autorisés à réclamer une position officielle lorsqu'ils n'ont pas une égale capacité pour l'exercice du pouvoir public.

La théorie de l'égalité politique complète des hommes, qui leur attribue à tous un droit égal aux fonctions et à l'exercice du pouvoir public, s'ils peuvent s'assurer une élection ou une nomination par le moyen de la tactique de parti ou de l'esprit de clan, est véritablement insensée ; le temps est venu où le peuple américain ne doit plus en souffrir s'il reconnaît cette insanité et y apporte un remède convenable. Les gouvernements devraient être organisés de manière à assurer autant que possible la vertu et l'intelligence, le patriotisme et la capacité, dans les titulaires de toutes les fonctions publiques. Comme aussi d'assurer aux plus hautes

positions officielles des hommes d'expérience et de capacité, doués môme de talents du premier ordre.

Aucun homme n'a de droit légitime à une fonction, ni aucun droit à être candidat, à moins qu'il n'ait une bonne réputation, la capacité et l'aptitude nécessaires pour la fonction à laquelle il aspire. Des hommes de caractère et de haute capacité pour une fonction ont le droit légitimé de voir leur aptitude reconnue par leurs concitoyens;, des hommes d'un mérite reconnu, qui ont des talents et une capacité supérieurs h ceux de leurs concurrents, ont un droit légitime, quel qu'imparfait qu'il soit, aux fonctions auxquelles ils aspirent; tandis que ceux qui n'ont pas de capacité n'ont aucun droit à une position officielle, et c'est un abus de pouvoir que de les élire ou de les nommer. Quand la majorité des électeurs rejette les hommes supérieurs et les meilleurs candidats, et élit des hommes mauvais ou inférieurs, elle abuse du pouvoir qui lui est confié comme électeur et fait injustice h la minorité des électeurs et à toute la classe de ceux qui ne le sont pas.

Le droit électoral n'a pas le caractère d'un privilège personnel, qui peut être vendu par l'électeur, ou accompli de manière à satisfaire ses préjugés et sa partialité personnelle ou de parti, sans tenir compte du bien public. Il est au contraire conféré à l'électeur comme un pouvoir de confiance dans le but d'être exercé en vue du bien public, et aussi pour lui permettre de protéger ses propres droits ; lorsque l'électeur ne l'emploie pas ainsi, il abuse du pouvoir à lui confié. Personne n'a droit avec jus-

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