‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 114 sur 485 · III · texte numérisé non relu

III

GODEFROID DE FONTAINES

que tous les orbes seront revenus au même signe et au même degré où ils se trouvent maintenant, tout ce qui existe, aussi bien dans le monde supérieur que dans le monde inférieur reviendra au même état; alors aussi, selon ce cours purement naturel, ces mêmes âmes qui, aujourd’hui, animent nos corps, auraient à animer les mêmes corps ou, tout au moins, des corps entièrement conformes à ceux-là. De cette manière, il pourrait y avoir des Ames qui seraient en nombre fini, une circulation qui se poursui' vrait à l'infini; et cette circulation ne serait point semblable à celle qu’imaginent les fables pythagoriciennes. Au onzième livre de la Cité de Dieu , Saint Augustin ne semble point avoir, pour rejeter la circulation des âmes, d autre raison que l’alternative de félicité et de malheur qui en résulterait pour elles. Si donc on admettait que les âmes sont seulement ordonnées en vue de leur perfection naturelle, on ne trouverait aucune raison efficace pour improuver une circulation de cette sorte. » — A condition, eût justement objecté Origène, que le libre arbitre ne fût point compris en la perfection naturelle de ces âmes.

On met volontiers Godefroid de Fontaines au nombre des Thomistes ; c’est donner à Saint Thomas d’Aquin un disciple dont il eût nettement rejeté les doctrines.

Saint Thomas d’Aquin avait, lui aussi, soutenu que Dieu aurait pu créer le monde de toute éternité 1 ; lui aussi, il avait rencontré diverses objections dont « la plus difficile » était celle que l’on tirait de la multitude infinie des âmes; mais, parmi les solutions qu’il avait proposées, il n’avait même pas mentionné la théorie, si étrangement païenne, de la métempsychose et de la grande année. Plutôt que d’en être réduit à admettre une telle doctrine, il aimait mieux révoquer en doute l’un des dogmes essentiels du Péripatétisme : « En outre, écrivait-il, il n’est pas démontré que Dieu ne puisse pas faire qu’il y ait des infinis en acte. « Præterea adhuc non est demonstratum quod Deus non possit facere ut sint infinita actu. »

B. L'essence et l'existence.

Si l’on veut désigner le maître dont Godefroid suit la trace, ce n’est pas le nom de Thomas d’Aquin qu’il faut prononcer, mais bien celui de Sigcr de Brabant ; nous en aurons la certitude en examinant ce que Godefroid dit de l’essence et de l’existence.

I. S. Thomæ Aquinatis De æternilale mundi contra murmurante*.

DUHEM vi-m-18

d’henri de GAISD a DL'NS scot

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