III
HERVÉ NÉDÉLEC
Hervé marque eu quelques mots le caractère commun des questions examinées : « Toutes ces questions, dit-il, ont été soulevées, pour une bonne part, afin de rechercher s’il faut supposer, dans l’intelligence, une espèce intelligible autre que l’acte même de connaître ; puis comment se comporte une telle espèce, si on l’admet, ainsi que le verbe intérieur, l’acte même de la connaissance, et cet état qu’on nomme science ».
Le traité De voluntate et intellectu 1 est, de tous, le plus considérable ; il comprend un exposé, en vingt-trois questions 2, de tout ce qu’Henri a enseigné touchant la volonté et le libre arbitre.
Si, dans les diverses questions, la pensée d’Henri de Gand est exposée avec un soin minutieux, les réponses ne sont pas moins attentives à la discuter et, le plus souvent, à la rejeter; des unes aux autres, se produit un curieux changement d’appellation ; dans les questions, le philosophe gantois est généralement nommé Henricus ou bien désigné par la lettre H ; dans les réponses,
1 . Ms. cit. , fol. 2^3, col. c, incipit : Querit etiam primo quolibet, XII1I questione que sit altior potentia, scilicet voluntas vel intellectus. — Ms. cit., fol. 275, col. c, explicit : Sed ex hoc non sequitur quod sit magis libéra quantum ad 3am libertatem, sed quantum ad secundam.