IV
DL’NS SCOT ET LE SCOTISME
là, on peut abstraire la notion commune de forme [ignée]. Mais, de la forme et de la matière ainsi conçues par abstraction, se forme le composé [igné] abstrait et général ; ce composé est un par lui-même, car cette forme commune et cette matière commune sont, 1 une, acte commun, et l’autre, puissance commune ; de même que cette matière-ci et cette forme-ci, dont l’une est puissance spéciale et l’autre acte spécial, font le composé bien déterminé que voici, qui est un ; de même, donc, que ce composé individuel] est un par lui-même, de même, il a une essence spécifique ( quidditas ) qui est une par elle-même ; et de même que son unité ou son entité comprend en elle une matière et une forme, de même en est-il de son essence spécifique... Au septième livre de la Métaphysique, le Philosophe enseigne ceci : De même que cette matière concrète ( contracta ) avec cette forme-ci donne cet individu-ci, qui a le plus haut degré d'individualité ( hoc individuum ultimaté), de même, de la matière commune et de la forme commune résulte l’essence spécifique ( quidditas ) commune. En voici la démonstration : La matière que voici et la forme que voici produisent un composé individuel un par lui même ; ce même caractère appartient également à la matière que voilà prise avec la forme que voilà ; ce caractère commun à tout couple d'une matière individuelle et d’une forme individuelle provient de quelque chose de commun à toutes ces matières, chose quia, en premier lieu, la propriété de donner un composé un avec une autre chose commune à toutes ces formes ; ces deux choses, ce sont la forme commune et la matière commune ’. Et, en effet, la raison pour laquelle cette forme [individuelle]-ci donne un composé un par lui-même avec cette matière [individuelle]-ci, c’est que l’une est acte et que l’autre est puissance ; or, cette raison, être acte et être puissance, est commune à plusieurs [formes et à plusieurs matières] ; [si tous ces couples d’une matière et d’une forme peuvent donner un composé qui est un par luimême,] c’est donc grâce à quelque chose qui leur est commun, et ce quelque chose n’est rien que la propriété première qu’ont la matière et la forme de donner un composé un ; mais tout ce qui, de soi, est un, a aussi, de soi, une certaine essence ( habet per se quod quid est). »
i. La concision de Duns Scot nous a obligé, pour être clair, à paraphraser ce texte ; aussi le citerons-nous ici :
« Cujus probatio est hæc : Quia facere per se unum in singulari convenit huic materiæ et huic Jormæ et illi materiæ et illi formæ ; igitur hoc convenit eis per aliquod commune cui primo convenit facere unum cum alio; et hæc est materia in commuai et forma in commuai ».