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péripatéticiens et néo-platoniciens, opposé cette proposition : La soi-disant existence en puissance est un simple jugement de noncontradiction logique. Jean de Duns Scot reprend à son compte cette proposition et en fait un des axiomes fondamentaux de sa doctrine.
L’Ecole Scotiste, d’après les Questions sur la Physique de Jean le Chanoine
L’enseignement de Jean de Duns Scot parait avoir provoqué chez les Franciscains un véritable bouillonnement intellectuel. Une multitude de Mineurs se mirent à philosopher qui, presque tous, se réclamaient de l'autorité du Docteur Subtil, mais qui sollicitaient sa pensée les uns dans un sens et les autres dans une autre direction. Pour nous renseigner sur cette activité de l’Ecole Scotiste et sur les maîtres qu’on y écoutait le plus volontiers, nous consulterons souvent un document précieux dont il nous faut, ici, dire quelques mots ; nous voulons parler des Questions sur la Physique d'Aristote composées par Jean le Chanoine ’.
Jean, surnommé le Chanoine 1 2, n’était pas Anglais comme on l’a souvent écrit, mais catalan; « selon la diversité des climats, dit-il 3, nous voyons que des animaux divers sont engendrés; en
1. Joannis Canonici guestiones super VIH lib. phy. Arislo. peru/iles : nuperrime correcte et ernendate : additis textibus Commentorum in rnargine : una cum uliti Repertorio runctorum auctoris notabilium indice. Colophon : Questionibus subtilissimis clarissimi doctoris Joannis canonici ex ordine minorum : nuper per philosophie lectorern sancti Nicolai de Venetijs fratrem Franciscum montis feretri summa cum cura castigalis cum textu inprincipio questionum interposito. finis impositus est. Venetijs mandate heredum quondam domini Octaviani Scoti civis ac patricij Modoetiensis : et sociorum. Anno a dominica incarnatione. i52o. die. 8. Maij. — Dès avant l’an i5oo, cet ouvrage avait eu de très nombreuses éditions. Le Repertorium bibliograpbicum de Hain énumère les suivantes : Padoue, sans nom d'éditeur, 1^75; Venise, Octavianus Scotus, 1 48 1 ; Vicence, Henricus Librarius, 1 485 (avec Joannis Ganduæ Commenta in libros Physicorum)\ Venise, Bonetus Locatellus et Octavianus Scotus, 1 487- Il faut y joindre une édition donnée en 1492, à Venise, par les mêmes éditeurs.
2. Du Boulay le nomme Jean le Chanoine ou Jean Canon (Bulæi Historia Uniuersilatis Parisiensis, t. IV, p. i85 et Index rerum). Que l’épithète Canonicus signifie un attribut et non pas un nom de famille, cela semble résulter de cet exemple cité par l’auteur : Joannes est albus et est canonicus ; ergo est albus canonicus (Joannis Canonici Op. laud., lib. II, quæst. IV; éd. cit. , fol. 33, col. c).
3. Joannis Canonici Op. laud., lib. IV, quæst. I ; éd. cit., fol. 4o, col. a. — Cf. L’Ecole Franciscaine. XI* année, n» 9, 25 mai 1912; p. 102, col. b.