‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 222 sur 485 · IV · texte numérisé non relu

IV

DUNS SCOT ET LE SCOTISME

un pays naissent les lions, en un autre, il n'en naît point ; en une région on trouve les limaces et les escargots recherchés ; ainsi en est-il en notre féconde Catalogne (in una limaces vel affectât / caragolli ; ut in nostra Cathalonia lætabundà) ; en d’autres régions, on n’en trouve point. » Nombre d’auteurs l’ont, nous ne savons sur la foi de quels renseignements, nommé Jean Marbres. Dans son Clipeus Thomistarum, publie en 1475, Petrus Nigri le nomme Jean le Catalan (Joannes Catalamts) \ Luc Wadding en fait1 2 3 4 un auditeur immédiat de Scot, qui aurait suivi l’enseignement de ce maître à Oxford, puis à Paris. Si cette opinion, qui ne semble reposer sur aucun texte, est fondée, il faudrait admettre que Jean le Chanoine a survécu très longtemps à Jean Duns, assez longtemps pour recueillir non seulement les leçons du Docteur Subtil, mais encore l’enseignement de tous les disciples que celui-ci avait formés.

En général, les scolastiques ne nomment pas les docteurs dont ils discutent les opinions; une épithète indéfinie, telle que quidam doctor, suffit à désigner l’auteur dont on rapporte les thèses. Par une heureuse exception, Jean le Chanoine émaillé ses Questions de noms propres.

Parmi ces noms, on en trouve un que la citation de Jean le Chanoine a seule sauvé d’un complet oubli ; c'est celui d’un certain François Bleth 3, qui avait écrit sur la Physique.

Tous les autres appartiennent à des personnages bien connus ; il en est beaucoup que nous avons déjà rencontrés ou que nous rencontrerons bientôt : tel un Magister Gualterius 1 qui est Gautier Burley ; tels encore les deux grands philosophes franciscains que sont François de Meyronnes 5 et Guillaume d'Occam 6.

Deux noms se retrouvent presque en chaque Question de Jean le Chanoine ; ce sont ceux de Thomas l’Anglais et de François de la Marche.

Thomas l’Anglais est un personnage qui eut des discussions avec

1. Carl Prantl, Geschichte der Logik im Abendlandc, Bd. IV, p. 221 et noie 265, p. 222.

2. Lucas Waddingus, Scriptores Ordinis Minorum; editio novissima, Romæ, 1906, p. l32.

3. Joanni8 Canonici Op. laud., lib. IV, quæst. V; éd. cil., fol. l\‘i, col.d. —

Cf. Sbaralbæ Supplementum et castigatio ad Scriptores trium ordinum

S. Francisci ; Nova editio, Romæ, MCMVI1I, pp. 260-261.

4- Joannis Canonici Op. laud., lib. I, quæst. VIII ; éd. cit., fol. 21, col. a.

5. Joannis Canonici Op. laud., lib. II, quæst. 111; éd. cit., fol. 11, col. d. — Lib. II, quæst. I ; éd. cit., fol. 27, col. d. — Lib. III, quæst. III; éd. cit., fol. 38, col. a

6. Joannis Canonici Op. laud., lib. I, quæst. IX; éd. cit., 22, col. d.

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