IV
DUNS SCOT ET LE SCOTISME
secundum quos ipsa possit suscipere intensionem intrinsecam secundum magis et minus.
Ici, Jean le Chanoine est du même avis qu’Àntonio d'Andrès ; aussi la plus grande partie de sa question n’est-elle qu’une longue copie, à peu près textuelle, du livre De tribus principiis. Entre les textes des deux auteurs, la ressemblance est aussi étroite, ou même plus étroite, qu’entre les passages précédemment cités. Si Jean le Chanoine s’écarte d’Antonio d’Andrès, ce n’est guère que pour insérer dans son exposition quelque fragment emprunté à François de Mayronnes *.
Il est maintenant bien clair que ce n’est pas Antonio d’Andrès qui a copié Jean le Chanoine ; s’il l’avait fait, pourquoi se fût-il précisément abstenu de reproduire les passages que Jean avait empruntés à François de Mayronnes ? Visiblement, c’est le Chanoine qui n’est, ici, qu’un simple compilateur.
Le traité De tribus principiis était donc écrit avant les Questions sur la Physique de Jean le Chanoine, qui, nous l’avons vu, furent composées avant l’an 1342.
L’opuscule Sur les trois principes fut peut-être, d’ailleurs, une œuvre de jeunesse d’Antonio d’Andrès. Nous avons entendu cet auteur, dans son écrit sur la Métaphysique d’Aristote , se souvenir d’une des <i questions ordinaires » que renfermait cet opuscule. Il en parlait comme d’une œuvre ancienne.
Dans ces mêmes Questions sur la Métaphysique d’Aristote, il avait déjà fait usage de cette formule pour désigner le De tribus principiis. Après avoir sommairement examiné la théorie de la pluralité des formes substantielles, il avait écrit * : « Cette question pourrait faire l’objet d’un long traité... Je me souviens, d ailleurs, que j’en ai parlé d’une manière plus étendue dans une cer-
i Par exemple, au quantum ad 3 m artic. de la question de Jean le Chanoine, le passage (éd. cit., fol. 55, col. a) commençant par : Sedhicest unadifficultas si isti gradus sint realiter distinch, et finissant par : Unde sciendum quod ,sti gradus habent in forma quadruplicern unitalem, résume, avec conservation de certaines phrases, un passage de François de Mayronnes, commençant Dar • Quantum ad 2<n difficile, videndum est utrum isti gradus sint realiter distinct!, et finissant par : Sed hic sunt difficul tâtes. Prima est quahs est unitas istorum graduum in forma. (Francisci de Mayuoms Inpnmun Sentent larum scriptum conflatus norninatum, dist. XVIII, quasi. I, quantum ad 3m d.ff éd Venetiis, apud hæredes Octaviam Scoti. 1020 fol. 72, col. d, et loi. 7 3, coi. a. La suite du passage de Jean le Chanoine, de : Unde sciendum quod isti gradus habent informa quadruplicern unitatem, à : ejusdem naturæ, est un résumé presque textuel d’un passage de François de Mayronnes commençant „ar • Intelliqendum /amen quod isti gradus in forma habent quadruplicern unitatem et finissant par : ejusdem rationis Jormalis (Francisci de Mayronis, Op. laud.\ quæst. cit., quantum ad 4m difficile in fine ; éd cit., fol. 74, cofa.
2. Quæstiones Antonii Andreæ super duodecim libros Metaphysicæ, lib. VUl, quæst. XVIII ; éd. cit. fol. 43, col. d. ,