Ibid., p
11 semble que, laissant aux théologiens le souci des recherches abstraites, les maitres-ès-arts se soient fort peu livrés, à ce moment, aux méditations métaphysiques ; si nous exceptons les deux premières questions traitées par Maître Ulrich, futur théologien, nous ne trouvons aucune discussion qui ait un objet de Cosmologie. La plupart des quolibets disputés à la Faculté des Arts révèlent, chez ceux qui prenaient part aux débats, le goût des choses concrètes et positives.
Deux des questions déclarées par Jean Vate ont trait à ce que nous appelons aujourd'hui l’économie politique.
La première examine 1 « Si le prince peut faire une monnaie qui soit en partie d'or et en partie d’argent. » Au sujet de la loyauté de la monnaie, elle pose avec netteté les principes que Jean Buridan et Nicole Oresme développeront plus tard avec tant de bonheur.
La seconde 2 demande « si 1 usure doit etre permise dans 1 état. » Elle condamne l’usure en des termes tout semblables à ceux dont se sert le traité De iisuris faussement attribué à Saint Thomas d’Aquin.
Hors les quelques questions de Physique et de Métaphysique examinées par Ulrich et les deux questions d économie politique discutées par Jean Vate, hors les nombreux sophismes dont la solution exerçait l’habileté du logicien, la plupart des autres quolibets peuvent se ranger en deux catégories ; d’une part ceux qui ont trait aux sujets traités par les livres des Météores et à la Géographie; d’autre parties sujets de Physiologie et de Médecine.
Au cours des quolibets de la première catégorie, le nom d’Albert le Grand est fréquemment cité ; assurément, Bacon n’exagérait pas quand il signalait, dans YOpus minus , la très grande autorité dont ce docteur jouissait au sein des Ecoles.
L’ouvrage qu’invoquent le plus volontiers les quolibets de la seconde catégorie, ce sont les Problèmes d Aiistote.
La vogue de cet ouvrage était nouvelle parmi les maîtres ; c’est à Pierre d’Abano, semble-t-il, qu’il la faut attribuer.
I Ms cit., fol. 74, col. a. — Au sujet de ces questions de Jean Vate, B. Hauréau écril (Op. laad ., p. 22.) : La première série est incomplète; nous n’en avons que la lin. Une note nous avertit qu il faut eu chercher plus loin le commencement; mais c’est une recherche que nous avons faite en vain ». — En effet, en haut de la col. a du fol. 74, nous lisons : Quere inferius pnncipiam hu j us quod tue déficit. Mais ce commencement qui manque a cet endroit et qui, d’ailleurs, se réduit à deux lignes, est écrit dans la marge, au bas de la colonne, et suivi de ces mots : Quere in pnneipio istius columpne supra. Nous avons ainsi, en son entier, la première question de Jean \ ate, qui est celle dont nous parlons dans le texte.