VI
\ers la fin du xme siècle, Pierre d’Abano avait commencé à Paris, sur les Problèmes d’Aristote, un volumineux commentaire qu’il devait achever seulement en 1310, à Padoue. Au début de ce commentaire, il nous apprend ’ que l’authenticité des Problèmes était révoquée en doute par certaines personnes. A ces doutes, il oppose les références à ce livre des Problèmes qui se rencontrent dans d’autres ouvrages d’Aristote. Puis il continue en ces termes :
« Je pense, toutefois, que les Problèmes d’Aristote ne sont pas tous parvenus à notre langue ; dans le traité De somno et vigilia et dans le traité Des animaux , se rencontrent des références à des passages de ce livre des Problèmes qu’un examen minutieux ne m'a nullement permis de retrouver. D’ailleurs, j’avais depuis longtemps réuni les éléments de la présente exposition des Problèmes , lorsque je me rendis à Constantinople pour apprendre le Grec; j’y trouvai un nouveau volume des Problèmes d’Aristote; ce volume, je l’ai déjà traduit en latin. »
Que les recherches de Pierre d’Abano aient vivement sollicité l’attention des Parisiens, un fait nous le prouvera bientôt ; nous verrons que Jean de Janduu a révisé et complété le commentaire composé, sur les Problèmes , par le médecin de Padoue.
On sait que certaines sections des Problèmes d'Aristote sont consacrées à des sujets particulièrement scabreux ; ces sujets semblent avoir exercé, vers la tin du xme siècle, sur les maitresès-arts de Paris, un irrésistible attrait ; parmi leurs quolibets abondent les questions que « nous n’aurions pu énoncer, même en latin », dit justement B. Hauréau s ; encore le titre de la question, bien souvent, donne-t-il à peine un avant-goût de la grossière obscénité avec laquelle elle est discutée. Si, d’une manière générale, les nombreuses questions conservées par le manuscrit que nous étudions révèlent, chez les Henri l’Allemand, les llerni de Bruxelles et les Jean Vate, un médiocre souci de tout ce qui suppose une certaine puissance d’abstraction, beaucoup d entre elles nous les montrent qui se complaisent en une philosophie de pourceaux.
?/. Drobiemnla Ahistotelis cum daplici translatione antigua videlicet et nova sn ne HKODORI ga/.b . cum expositione Petbi Aponi. Tabula secuudu/n rnayist„um.} KTRUM ÜB I'ussignano per alphabetum. Problemata Albxandki ÀPH ROOISEI.
! Cm\ • 11 Ll rAHCHI- bium gratta. — Colophon : Expliciuul problemata I lutarcln, perquam etnendatissime impressa Venelijs per Bonetum Localellum
coî8 a^et'b m AnD° 8U U"8 l5°1' ïertio Kalendas sextiles. Prohemium, fol. i,