‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 348 sur 485 · ESSENCE ET L EXISTENCE · texte numérisé non relu

ESSENCE ET L EXISTENCE

Il n y a pas d’autre existence que l’existence des choses concrètes et singulières; c’est le principe qui a guidé Ockam dans sa discussion du problème des universaux ; c’est celui dont il va faire usage pour traiter de la distinction entre l’essence et l’existence.

Thomas d Aquin et Henri de Gand avaient, hors de l’existence actuelle, de 1 me existentiæ , posé une existence essentielle, un esse essenhæ ; mais cette complication n’avait pas suffi aux Scois es ; ceux-ci en étaient venus à subdiviser, à son tour, l’existence essentielle, et à y distinguer l’existence créable {esse creabite) existence intelligible (esse intelligibile ), l’existence connue (esse intellectum vel cogmtum). Nous avons entendu François de Mevronnes traiter de ces diverses existences, peser quel degré de réalité on doit attribuer à chacune d’elles, examiner si chacune d elles est éternelle, nécessaire, produite par Dieu. La très fine analyse de François le met en garde contre l’illusion qui verrait en chacune de ces existences autant d’existences réelles; d’autres moins subtils, donnaient dans cet excès et, de Vesse creabile, de l essc intelligible , de 1 me cognilum , faisaient autant d’existences douées d une réalité véritable, encore que diminuée.

A cette débauché de réalisme, Guillaume d’Ockam oppose l’enseignement de Duns Scot et de Pierre Auriol, qui estf en même emps 1 enseignement du bon sens; hors de l’existence réelle et actuelle, il n y a aucune manière d’être à considérer, si ce n’est

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