‹ Le système du monde (volume 5)Chapitre 139 sur 176 · Op. laud.. col. 53o · texte numérisé non relu

Op. laud.. col. 53o

9. P. IIeinricii Deniple, Die Universilaten des Mittelalters bis 1400. Erster Band (seul paru). Die Entstehung der Universitaten des Mittelalters bis 1400; Berlin, i885, p. 618.

que la Nation Anglaise prenne désormais le nom de Nation Allemande.

Pendant cette année i3”8, la double élection d’Urbain VI et de Clément VII fit éclater le schisme entre l’Église de Rome et l’Église d’Avignon. Ressouder ces deux tronçons et ramener l’unité dans 1 Église d Occident, telle allait être, pendant trente-neuf ans, à 1 Université de Paris, la tâche des docteurs les plus savants et les plus pieux. Parmi eux, Henri de Langenstein devait se signaler par sa clairvoyance non moins que par son zèle.

En 1379, tro*s facultés de l’Université de Paris l, ainsi que la . Nation Française et la Nation Normande avaient adhéré à Clément VII. La Faculté de Théologie était divisée mais, assurément, la majorité de ses membres souhaitait qu elle prît part à cette adhésion. Si elle ne le fit point, si elle suspendit son avis, on le doit sans doute attribuer à quelques docteurs prudents et, en particulier, à Henri de Hesse qui était « pro neutralitate ». A l’imitation d Henri, la Faculté de Théologie, la Nation Anglaise et la Nation Picarde demeurèrent quelque temps dans l’indifférence entre les deux pontifes.

Celle indifférence de la Faculté de Théologie fut, cependant, de peu de durée. Après s’être réunie le 22 mai et le ii\ mai 1379, elle décida 2, en dépit des deux nations anglaise et picarde, de faire une déclaration en faveur de Clément VII. Cette pièce est signée des maîtres composant le Collegium Theologiæ Facultatis ; au nombre de ces signatures, se lit celle d’Henri de liesse ; on peut douter, cependant, qu’il ait été chaud partisan de cette mesure.

Il venait, en effet, de manifester son opinion sur la conduite qu’il y avait lieu de tenir pour ramener l’unité dans l’Église ; e est entre le 7 mai et le ruai de t année 1378, aussitôt avant que la Faculté de Théologie prît parti pour Clément VII, que notre maître en Théologie avait publié 3 son Epistoîa paris pro uniorxe procuranda.

Cette lettre est rédigée sous la forme d’un dialogue entre un Clémentiste et un Urbaniste.

« Pourquoi, demande le Clémentiste, l’Université de Paris, qui a autorité pour déterminer, dans un cas douteux, où se trouve la vérité (aiüantica in determinatione veritatis in casa duhio), pourquoi 11e recherche-t-elle pas les moyens divers et ingénieux qui

1. Demfle et Châtelain, ChM.rlala.rium Universitatis Parisiensis, tomus III

MCCCL-MCCCLXXXIIII), pièce n° 1.619, p. 562.

3. Demfle et Châtelain, Op. laud., t. III, pièce n° 1.624, PP- 565-572.

3. Denifle et Châtelain, Op. laud., t. III, pièce n° 1.629, pp. 577-578.

LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIVe SIECLE

pourraient ramener lÉglise à l’unité et mettre fin au schisme ? Cela vaudrait mieux que de paresser dans I oisiveté sous couleur de neutralité. Lève-toi donc, toi qui dors ! Aux deux pontifes en lit ige, écris des lettres qui les exhortent à la concorde et leur fassent voir les moyens de ramener l'Église à l’union ! »

Et l’Urhaniste de répondre :

(( Si, dès le début, l’Université avait été chargée d informer pleinement sur le cas et sur le fait du débat, si même elle en était aujourd’hui chargée, voici, je pense, ce qui conviendrait le mieux pour mettre fin au présent schisme : Après qu elle aurait reçu permission de discuter librement le cas comme le fait, publiquement et solennellement elle déterminerait, à la façon scolastique, un parti à suivre ; par là, elle préparerait la matière, elle fournirait l’occasion d’une délibération aux prélats de l’Église ; c’est à eux, en effet, qu’il appartient de prendre, en concile général, une détermination cpii fasse autorité et qui oblige ; hors la réunion d’un tel concile, je ne crois guère possible d apaiser jamais tous les cœurs. »

Que la convocation d’un concile œcuménique soit la seule mesure assez efficace pour terminer le schisme, ce sera, dix ans plus lard, l’opinion commune des docteurs de Paris ; ce sera celle qui, un jour, prévaudra et réunira les tronçons épars de l’Église. Le très grand mérite d’IIenri Heynbuch de Hesse est d’avoir indiqué le premier cette voie, et de s’être ensuite activement obstiné à la recommander.

Une seconde fois, en effet, il la conseillait dans son Epistola Cünsilii paris ; quatorze raisons militaient, selon lui, en faveur de la réunion du concile général ; cette méthode était, à son gré, la meilleure des trois voies entre lesquelles, à l’Université de Paris, se partageaient alors les préférences, entre lesquelles, au même moment (i38i), Pierre d’Ailly hésitait dans son Epistola Leviathan ad pseudo-prælatos 1 .

En 1/108, dans sa Proposition faite , au nom de l’Université de Paris, devant les Anglais qui se rendaient de Paris au concile de Pise, Jean Gerson écrivait 2, au sujet de la réunion du concile œcuménique :

« Dès la naissance du schisme, l’Université de Paris a solen-

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