‹ Le système du mondeChapitre 13 sur 243 · Endres, Op. luud., p · texte numérisé non relu

Endres, Op. luud., p

4. Endres, Op . laud., p. 11 «AVare es niclit. denkbar, das Honorius diesen Namen in Rücfcsicht auf seinen Aufcnthaltsort frei erfunden bat; dass wir es also mit einer Art mittelalterlichen Pseudonymie zu tun haben? Der eigentliche Personname in jenem Kapitel würde dan 11 der Wahrbeit entsprechen. Unter diesem namen vvaren ja bereits manche Schriften in die Welt hinausr gangen. Dort balte sich Honorius dann das Attribut solitarius oder inclusus beigelegt. Jetzt gibt er auch einen Aufenthaltsort an, aber mit einem Namen, der nur irre führen kann. »

L INITIATION DES HAUlIAltES

d J ne /iis u s ou do Sohtarius , donne une nouvelle preuve de sa modestie en attribuant à un pseudonyme les écrits qu’il vient d’énumérés'avec complaisance. Ce reclus de Ratisbonne souhaite de nous induire en erreur sur sa personne en nous disant qu’il est prêtre et écolàtre de l’église d’Autun ! Et c’est cet auteur1, d’une humilité à la fois si grande et si compliquée, qui prend soin de se placer lui-même parmi les flambeaux de l’Église !

Un loyal et modeste aveu d'ignorance ne vaudrait-il pas mieux que de tels raisonnements?

Résignons-nous donc à ignorer quel fut cet Honoré le Solitaire qui a rédigé le De imagine mundi ; retenons seulement comme probable l’attribution de ce traité soit à la fin du xie siècle, soit à la première moitié du xn® siècle.

Au début de son ouvrage, Honoré nous annonce 2 qu « il n’y admet rien qui ne soit recommandé par la tradition de ses aînés ». Aussi le De imagine mundi , bien loin de refléter les idées du temps où il fut vraisemblablement composé, semble-t-il appartenir à une époque beaucoup plus ancienne ; Pline l'Ancien, Isidore de Séville, Bède le Vénérable sont les seuls auteurs dont il porte la marque ; on le pourrait croire écrit par un disciple immédiat de Bède.

Les étymologies hasardées et étranges dont Honoré aime à émailler sa Cosmographie manifestent clairement que l’auteur du De imagine mundi a subi l’influence d’Isidore de Séville, auquel il emprunte d’ailleurs, nous l’avons dit, la plus grande partie de sa Géographie.

« Au-dessus du firmament 3, sont des eaux qui demeurent suspendues en cet endroit à la manière de nuées ; on dit qu’elles embrassent toute la sphère du ciel, et c’est pourquoi on leur donne le nom de ciel aqueux. Au-dessus, existe le ciel spirituel inconnu aux hommes ; là, se trouve l’habitation des anges qui y sont distribués en neuf ordres. En ce ciel, se trouve le jtaradis des

1. Lors même qu’on admettrait In thèse étrange de M. Endrès, il serait légitime de désigner l’auteur du De imagine mundi par le pseudonyme d’IIonoré d’Autun qu’il a lui-même choisi. Cependant, M. C.-V. Langlois s’étonne (a)

« au sujet de ce personnage, qu’on l’appelle encore trop souvent, en France, Honorius d’Autun » M. Langlois s’étonne-t-il d’entendre encore donner le nom de Molière à Jean-Baptiste PoquelinV

2. De imagine mundi; ap. Opusc., Prologus — Ap. Patrol., Epistola Iionorii ad Cnristiarium, coll. 1 19-120.

3. De imagine mundi lib. I. Ap. < Jpusc ., Cap. XXVIII : De hydra. Ap. Patrol., Capp. CXXXVIU, CXXXIX, CXL; col. i^6.

(a) C. V. Langlois, La connaissance delà Nature et du Monde au Mogcn Age,

Paris, 1911, p. 5i, en note.

l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE

paradis, où sont reçues les âmes des saints. C’est là ce ciel dont nous lisons dans l’Écriture qu’il a été créé au commencement, avec la terre. Mais on dit qu’un autre ciel le domine de beaucoup ; c’est le ciel des cieux, habitation du roi des anges. »

« Le ciel supérieur se nomme firmament *, parce qu’il est affermi entre les eaux supérieures et les eaux inférieures ; il est de forme sphérique ; il est aqueux, c’est-à-dire de même nature que les eaux; ... mais il a été formé aux dépens de ces eaux par une consolidation qui l’a rendu semblable à la glace ou mieux encore au cristal. »

L’éther au sein duquel les planètes se meuvent est identique au feu pur*; la Lune « est de nature ignée, mais sa masse est mélangée d’eau » ; le Soleil est « de nature ignée ». Honoré n’admet aucunement l’existence de la cinquième essence, distincte des quatre éléments, dont les Péripatéticiens formaient les cieux et les astres.

D’ailleurs, au sujet des quatre éléments, le De imagine mundi se borne à répéter1 2 3 l’enseignement d’Isidore de Séville et de Bède.

Honoré sait que la trajectoire des planètes n’est pas concentrique à la terre : « Les absides sont4, parmi les cercles que décrivent [chaque jour] les planètes, ceux qui sont les plus éloignés de la terre. L’abside de Saturne est dans le Scorpion, celle de Jupiter dans la Vierge, celle de Mars dans le Lion, celle du Soleil dans les Gémeaux, celle de Vénus dans le Sagittaire, celle de Mercure dans le Capricorne, celle de la Lune dans le Bélier. Au signe diamétralement opposé, la plauète occupe la position la plus basse et la plus voisine du centre de la terre. »

Tout ce passage reproduit ce que Bède le Vénérable avait emprunté à Pline.

Le second livre de Y Histoire Naturelle de Pline l’Ancien fournit également au De imagine mundi tout ce que ce petit livre dit5 de la distance des planètes à la terre.

La distance de la terre à la Lune, qui est de 126.000 stades, représente un ton ; de la Lune à Mercure, il y a un demi-ton; de

1 . De imagine mundi lib. 1. Ap. Opusc., Cap. XXV : De cælo. — Ap. Patrol., Cap. LXXXV1I : De firmarnento; col. 1 4 * •

2. De imagine mundi lib. 1. Apud Opusc., Cap. XXU1 : De igné. — Ap. Patrol., Capp. LXV11, LX1X, LXXII, coil. i38-i3y.

3. De imagine mundi lib. I, Cap. 111 : De elenientis {Patrol., col. 121).

4. De imagine mundi lib. 1; apua Opusc., Cap. XXIII : De igné. — Ap. Patrol., Cap. LXXV1I : De absidibus planetcrum ; col. i3g.

5. De imagine mundi lib. I. Ap. Opusc., Cap. XX11I : De igné. — Ap. Patrol., Capp. LXXX, LXXXI, LXXXIII ; coll. i4o-i4i.

L INITIATION DES BARBARES

Mercure à Vénus, un demi-ton; de Vénus au Soleil, trois demitons ; du Soleil à Mars, un ton ; de Mars à Jupiter, un demi-ton ; de Jupiter à Saturne, un demi-ton ; enfin de Saturne à la sphère des Signes, trois demi-tons. « Tous ces intervalles, ajoutés les uns aux autres, forment sept tons ». Ces nombres sont textuellement empruntés a Pline ; Honoré lisait, avec autant de confiance que Bède, Y Histoire naturelle du grand compilateur latin.

Au sujet de la marée, voici ce qu’écrit l’auteur 1 :

« La marée, c'est-à-dire le flux et le reflux de l’Océan, suit la Lune, dont l’aspiration la tire après elle et l’impulsion la refoule. On dit que, deux fois par jour, l’Océan afflue et se retire, et c’est ce qui parait. Il monte ou descend selon que la Lune monte ou descend. Lorsque la Lune est en un équinoxe, les flots de l’Océan s’élèvent davantage à cause du voisinage de la Lune; lorsqu’elle est au solstice, ils s’élèvent moins à cause de l’éloignement de cet astre. Au bout de dix-neuf ans à partir du principe du mouvement, les marées reprennent, comme la Lune, des accroissements égaux. » Honorius parle ensuite d’un gouffre qui absorbe les eaux ou les rejette selon que la Lune s’abaisse ou s'élève.

Nous pourrions être embarrassés pour reconnaître d’où ces renseignements ont été extraits, si l’allusion au cycle métonique de dix-neuf années ne nous avertissait que le traité De ratione temporum, composé par Bède, en est la source. Le second livre du De imagine mundi est, d’ailleurs, une sorte de résumé de cette œuvre du Moine de Wearmouth.

Le De imagine mundi fut, certainement, très lu au Moyen Age. Il donna son titre et une constante inspiration à Ylmage du monde 2 3, qu’un certain Gautier ou, plus probablement, Gossuin de Metz, composa en vers français.

La langue de ce poème est le dialecte lorrain fortement altéré par le langage littéraire de l’Ile-de-France. L’auteur en fit successivement trois rédactions : « L’auteur de Ylmage du Monde*, qui conçut l’idée de cette composition en 1246, a terminé la première rédaction de son ouvrage le 6 janvier 1247 (vieux style) — c’est-àdire 1248 s’il comptait, quoique lorrain, d’après le style de France — pour le comte Bobert d’Artois. Il parait très possible qu il ait accompagné ensuite ce comte, son protecteur, en Orient ; et de là, dans la seconde rédaction, refondue d’un bout à l’autre,

1. De imagine mundi lil). I. Ap. Opusc., cap. XXII : De aqua. Ap. Patrol., cap. XL.

2. Ch.-V. Langlois, La connaissance de lu Nature et du Monde au Moyen Age d’après quelques écrits français à l'usage des laïcs. Paris, kjii, pp. /pj-i ,3.

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