Ernest Renan, Op. laud., pp. 58o-58cj
L* ASTRONOMIE DES SÉCULIERS
Dans ce même ouvrage, se rencontre une autre indication intéressante. « Parmi les savants 1 2 avec lesquels il a été en rapport, Antoli cite, en effet, un grand savant chrétien, nomme Michel. Ce Michel lui donna plusieurs explications qu'il rapporte scrupuleusement à leur auteur « ne voulant pas se parer d’ornements » d’emprunt ». Selon une conjecture très vraisemblable de M. Sachs, le docteur cité par Antoli serait Michel Scot. »
« Antoli et Michel Scot* sont les deux principaux artisans de cc grand travail dont l’empereur Frédéric If fut le promoteur, et dont le résultat fut de donner aux Écoles de l’Occident une connaissance de l’encyclopédie aristotélique bien supérieure à celle que l'on avait eue jusque-là. »
L’œuvre principale d’Antoli ne fut cependant pas de répandre parmi ses coreligionnaires la connaissance de la Philosophie péripatéticienne car, de cette Philosophie, il ne traduisit que des traités de Logique ; ses goûts le portaient plutôt vers les sciences mathématiques. L’intérêt qu’il portait à ces sciences était assez grand pour sembler condamnable à ceux qui s’adonnaient exclusivement à l'étude du Talmud. « Un rabbin contemporain, écrit Jacob.3, m’a blâmé, parce que je m’occupe de temps en temps, sous la direction de mon beau-père Samuel, d’études de Mathématiques, d'après des livres écrits en Arabe. Je lui ai répondu que je ne perds pas mon temps en m’occupant de ces études. »
Dans la préface de sa traduction des commentaires d’Averroès à la Logique péripatéticienne, « Jacob 4 nous apprend qu’il avait d’abord eu l’intention de se mettre aux traductions de Mathématiques et d' Astronomie, traductions plus difficiles et pour lesquelles on a besoin de beaucoup de livres et de plus de réflexion, mais que ses amis de Narbonne et de Béziers ont insisté pour qu’il leur fit la traduction des livres de Y Organon. »
Bientôt, cependant, Antoli put suivre son penchant vers la Science des astres, car nous le voyons donner, presque coup sur coup, la traduction de Y Abrégé de l' Almageste, par Averroès, traduction qu’il achève à Naples en 1235 ; celle de Y Almageste de Ftolémée, qu'il accomplit en 1236 ; enfin celle de Y Abrégé d' Astronomie d’Al Fergani.
L’Abrégé de l' Almageste, composé par Averroès, n’a jamais été mis en Latin, et la version hébraïque de Jacob d’Anatoli nous con-