‹ Le système du mondeChapitre 181 sur 243 · Émile Charles, Op. laud., p · texte numérisé non relu

Émile Charles, Op. laud., p

4. Fratris Rogeri Bacon, Ordinis Minorum, Opus ma jus ad Cle/nenfern quartum, Pontificem Romanum, ex MS. Codice Dublniensi, cum aliis quibusdam collato, nunc primum edidit S. Jebb., M. D., Loudini. typis Gulielmi Bowyer, MDCCXXXtII. — The Opus ma jus 0/ Roger Bacon edited with Introduction and Analytical Table by John Henry Bridges, London, Edimburgh and Oxford, 1900.

5. Rogeri Bacon Opus tnajus, éd. Jebb., præfatio; éd. Jebb., p. 177, en note; éd. Bridges, p. 281. — Emile Charles, Op. laud., p. 79.

6. Fr. Rogeri Bacon Opéra quœdatn hactenus inedita . Vol. I contained :

I. Opus tertium. II. Opus minus. III. Compendium philosophies . Edited by

J. S. Brewer. London, 1859.

7. Rogeri Bacon Opus tertium, cap. LXX;éd. Brewer, p. 289 et p. 290.

L ASTRONOMIE DES FRANCISCAINS

Le problème de la réforme du calendrier ne peut être résolu si 1 on ne connaît la loi de précession des équinoxes ; Roger Bacon se montre donc, comme Robert Grosse-Tesle, vivement préoccupé de la théorie de ce mouvement ; mais, pas plus que son maître, il ne parait avoir arrêté son choix sur l’une des formes que cette théorie avait successivement revêtues.

Parfois, nous le voyons admettre1 2, aveGPtolémée, que la sphère des étoiles fixes accomplit une révolution complète en 36.000 ans. Ailleurs -, il suppose que 1 équinoxe avance seulement d’un jour en cent-vingt ans ; « c’est », ajoute-t-il, « l’opinion qui semble, de nos jours, la mieux prouvée ».

Il connaît, aussi, le mouvement oscillant que Thftbit ben Kourrah a proposé de substituer au mouvement de précession imaginé par llipparque et Ptolémée ; en faveur du système de ThAbit, il donne 3 même un argument dont nous reparlerons tout «à l’heure.

Il parait ignorer, d'ailleurs, que certains astronomes aient proposé d admettre simultanément le mouvement de précession et le mouvement de trépidation. Par deux fois4, il cite les Tables de Tolède où, conformément aux doctrines de ThAbit et d’Al Zarkali, le mouvement de trépidation est le seul qui se compose avec le mouvement diurne pour déterminer le déplacement des étoiles ; mais, il ne semble pas connaître l'hypothèse admise par les Tables A/phomines, qui font coexister le mouvement de trépidation avec le mouvement de précession admis par Hipparque et par Ptolémée.

La sphère des étoiles fixes n’est donc animée que de deux mouvements, savoir le mouvement diurne et un autre mouvement très lent ; celui-ci est ou bien le mouvement de précession admis par Hipparque, Ptolémée et Albatégni, ou bien le mouvement de trépidation imaginé par Thàbit et Al Zarkali. Partant, au-dessus de la huitième sphère, qui porte les étoiles, Bacon n’a besoin d’admettre qu’une seule sphère mobile, la neuvième. A la vérité, il parle d’une dixième sphère5. Mais il nous rappelle' que « les théologiens, aux Livres des Sentences et dans leurs traités sur les Livres des Sentences , s’inquiètent de savoir si les cieux sont continus ou discontinus, quel en est le nombre, surtout à cause du neuvième ciel et du

1. Rogeri Bacon Opus majus, éd. Jebb, p. 112; éd. Bridges, vol. 1, p. 181.

2. Rogeri Bacon Opus majus, éd . Jebb, j>. 173; éd. Bridges, vol. I, j>. 270.

3. Rogeri Bacon Opus majus, éd. Jebb, p. 120; éd. Bridges, vol. 1, p. 192.

4. Rogeri Bacon Opus majus, éd . Jebb, j>. 123 el p. 187 ; éd. Bridges, vol. 1,

p. 195 et p. 298.

5. Rogeri Bacon Opus majus, éd . Jebb, p. il\f\ , éd. Bridges, vol. I, p. 229.

0. Rogeri Bacon Opus majus, éd Jebb, pp. ii2-u3;éd. Bridges, vol. I,

pp. 181-182.

l astho.no, mu: latine al moyen AGE

dixième. ». Lors donc que Bacon compte un dixième ciel, c est assurément, à Limitation de plusieurs commentateurs des Livres des Sentences , d'un ciel immobile qu’il entend parler.

Gomment convient-il de représenter le mouvement des planètes . Faut-il recevoir les excentriques et les épicycles de 1 Almageste ? Avec Averroès et Alpétragius, faut-il les rejeter et n’admettre que des sphères célestes homocentriques ? Bacon n’ignore pas le différend qui s’est élevé, à ce sujet, entre les philosophes et les mathématiciens ; il sait 1 qu’en leurs commentaires aux Livres des Sentences, les théologiens ont coutume d’examiner s’il y a des excentriques et des épicycles ; mais il ne paraît pas qu en cette dispute, il ait pris parti ; il semble bien plutôt qu’il se soit laisse porter tantôt vers l’une des solutions proposées, tantôt vers 1 autre, au gré d’une fantaisie variable du jour au lendemain.

Certains passages de Y Opus majus semblent dictés par une absolue confiance au système de Ptolémée.

Nous l’entendons, par exemple, déclarer - « que les actions des planètes varient beaucoup par l’effet des excentriques et des épicycles ». Ces planètes agissent plus fortement lorsqu'elles sont à l’apogée que lorsqu’elles sont au périgée car, dans le premier cas, leur course diurne est plus étendue et plus rapide que dans le second. « Lorsque la Lune est à l'apogée », comme il arrive en la nouvelle- lune et en la pleine-lune, ses opérations sont plus puissantes, comme les marées et la chair des poissons permettent de le constater. ». La considération des apogées des planètes joue, en Astrologie, un rôle essentiel 4.

Ailleurs, il parle3 de la théorie compliquée des mouvements de Mercure. « Les mouvements de Mercure sont difficiles ; il tourne a la fois dans sonépicycle, dans son excentrique et dans son équant.. Ce sont les plus étonnants et les plus difficiles des mouvements planétaires, comme on le voit par ce qu’en dit Ptolémée, mieux encore par les sentences d’Albatégni, de lhébit, d Archascl (Al Zarkali), et plus probablement par les dires d Alfragan (Al ter-

gain) ». ,

~ Al Fergani est, d’ailleurs, l’auteur auquel Bacon emprunte, a

I. Rogeiu Bacon Opus majus, édit. Jebb, |>[>. 1 12-1 13 ; ed. Bridges, vol. I, ,, ,y, — Cf. : Opus terlium, cap. LUI, édit. Brewer, p. aoo.

-2. Hogehi Bacon Opus majus, édit. Jebb, p. 2.J8 ; ed . Bridges, vo

1 3.7Rogeri Bacon Opus majus, édit. Jebb, p. Au \ ed. Bridges, vol. I,

,,-4. Kogeri Bacon Opus majus , édit. Jebb, p. 2^5 ; éd . Bridges, vol. I,

‘ *5 Roger i Bacon Opus majus, édit. Jebb. p. iGa ; éd . Bridges, vol. I,

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