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i. Bogeri Bacon O pus majus, Bars sexla luijus persuasiouis el, eliaui sc.val pars Majoris Operis. De scientia. expérimentait ; .(iapitulum de secunda prerogaliva scieuliæ experirnentalis ; exemplunil; édit. Jebb, p. 465 ;éd. Bridges, vol. Il, pp. 202-2û3. — Cf. : Epistola Fratius Bogeri Baconis de secrelis uperibus artis et naturœ et de multitate /narjiœ ; Cap. VI: De experimentis inirabilibus ; éd . Brewer, p. 5^7.
attitude hésitante qui, d’un problème posé, imagine des solutions variées, mais qui ne sait se fixer à aucune d’entre elles, en étudiant les réponses multiples que le célèbre Franciscain donne a cette question : L'homme peut-il vivre entre les tropiques et dans l’hémisphère austral ?
La région comprise entre les tropiques est inhabitable par excès de chaleur ; tout lieu situé en cette région de la Terre voit, deux fois l’an, le Soleil passer à son zénith ; la chaleur produite par le Soleil est alors extrêmement forte, parce que les rayons réfléchis ont même direction que les rayons incidents. D’autre part, le cercle décrit annuellement par le Soleil étant excentrique a la Terre, il se trouve que l’hémisphère boréal jouit d'un climat beaucoup plus tempéré que l’hémisphère austral ; l'été de l’hémisphère boréal correspond, en effet, au temps où le Soleil est le plus éloigné de la Terre, et l’hiver au temps où il en est le plus rapproché ; au contraire, le Soleil est au périgée pendant l’été des régions australes et à l’apogée pendant l’hiver de ces régions.
Tel était l’enseignement que Ptolémée donnait en sa Géographie.
D’autres, il est vrai, ne partageaient pas cet avis; Avicenne, par exemple, affirmait que la zone comprise entre les tropiques jouissait, d'un climat tempéré, et certains théologiens allaient jusqu’à prétendre que le Paradis terrestre se trouvait en cette région.
Robert Grosse-Teste partageait l’opinion de Ptolémée
« De cette élévation du Soleil, disait-il, il résulte que la région située au delà de l’équateur est inhabitable. Le Soleil, en effet, est de 5° plus proche de la Terre lorsqu’il se trouve à l’opposé de Vaux (au périgée) que lorsqu’il se trouve à l 'aux. Lors donc que le Soleil parcourt les signes méridionaux du Zodiaque, il est beaucoup plus voisin de la Terre et, en même temps, il se trouve verticalement au-dessus des régions australes; ces deux causes réunies doublent la chaleur de l’été en ces régions. Au contraire, lorsque le Soleil traverse les signes septentrionaux du Zodiaque, il s’écarte du zénith des régions australes et, en même temps, il s’éloigne de la Terre ; d’où résulte une double cause de froid pour ces régions. Inversement, quand le Soleil approche du zénith qui se trouve au-dessus de notre tête, il s’éloigne de la Terre ; quand il s’écarte de notre zénith, il s’approche de la Terre. Il en résulte que l’hémisphère boréal jouit d’un climat tempéré, tandis que l’hémisphère austral a des saisons extrêmes. »
i. Revendissimi EpiscOpi Roberti Linconiensis Sphœrœ compendium, cap. IV.
l’astronomie des Franciscains
Ces considérations, empruntées à la Géographie de Ptolémée, fournissent à Robert de Lincoln une objection 1 contre le mouvement de précession des équinoxes tel qu’il est défini dans VAlm âges te :
« Selon cette méthode de Ptolémée, il arriverait que Vaux (apogée) du Soleil, qui est actuellement dans les signes septentrionaux du Zodiaque, finirait par atteindre les signes méridionaux ; alors, la région actuellement habitée deviendrait inhabitable. »
Aussitôt après cette remarque, que Bernard de Trille reproduira *, Robert de Lincoln expose le système de Thâbit ben Kourrah ; il semble, bien qu’il n’en dise rien, qu’il préfère ce système à celui de Ptolémée, parce qu’il écarte cette prophétie menaçante pour les régions actuellement habitées. Cette pensée demeure implicite en 1 écrit de Robert Grosse-Teste ; nous allons la voir explicitée par son disciple Roger Bacon.
Avec Avicenne, Roger Bacon veut3 que la zone comprise entre les tropiques jouisse d’un climat tempéré ; « mais, ajoute-t-il, je ne comprends pas, jusqu’ici, que cette zone soit très tempérée ; aussi n’est-il pas assuré que le Paradis se trouve en cette région. En effet, si l’excentricité du cercle du Soleil est disposée comme le disent les mathématiciens, il est impossible qu’il se trouve au-dessous de l’équateur un climat purement tempéré ; car le point de l’excentrique qu’on nomme l’opposé de 1 aux s’approche de la Terre, plus que l 'aux ne s’en approche, d’une quantité égale au cinquième du rayon de l’excentrique ; lors donc que le Soleil vient à l’opposé de Vaux, il brûle la région de la Terre qui se trouve au-dessous de lui, de telle sorte que rien n’y puisse vivre ».
En revanche 4, cette ardeur du Soleil dans l’hémisphère austral doit y déterminer une plus grande rareté des mers qu’en l’hémisphère boréal ; il est vrai que la grande extension de la terre ferme en l’hémisphère austral demeurerait justifiée lors même qu’on n’attribuerait pas d’excentrique au Soleil, car Averroès nous enseigne, au premier livre Du Ciel et du Monde , qu’il se trouve, en cet hémisphère, de plus nobles étoiles ; l’influence de ces étoiles suffirait à maintenir les continents.