Un fragment inédit.,,, pp. i48-i4{D
2. Un fragment inédit . .., pp. 1 49" 1 — Cf. Rooeri Baconis Opus tertium,
cap. XIII ; éd. Brewer, pp. 43-47-
L’ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
personne, l’exciter à faire tout ce qu’il veut, sans en pouvoir, toutefois, contraindre le libre arbitre.
» Ainsi c'est cette Science qui fait toutes ces choses, à titre principal et en dominatrice ; l’Astronomie en est la servante en ce cas, comme elle est la servante de la Médecine lorsqu’il s’agit de choisir les temps propres aux saignées et aux médecines laxatives, ainsi qu’en une foule de circonstances...
» La Science expérimentale commande de même à toutes les sciences ouvrières, afin qu’elles lui obéissent, qu elles lui préparent ce qu elle veut, les moyens dont elle use pour produire les admirables effets de la nature et de l’art sublime. Similiter imperat omnibus a/iis scientiis operativis, ut ei obediant , et préparent quæ voit, quibus utitur in admirandis effectibus naluræ et arlis sublimis. »
Celui qui a écrit ces lignes a pu chanter les louanges de la science expérimentale ; il n’a jamais compris ce que c’est que la méthode, expérimentale.
Dès lors, ne nous étonnons plus que, dans le grand débat entre la Physique d’Aristote et l’Astronomie de Ptolémée, Bacon n ait pas su délaisser sans merci le parti que l’observation condamnait ; qu’il ait mieux aimé contredire au témoignage des sens que bouleverser l’ordre imposé par le Péripatétisme à la Nature ; que le démenti formel de l’expérience ne lui ait pas semblé, pour une théorie physique, marque assurée de fausseté.