BERNARD DF. VERDUN
Pour rappeler à Bacon ce principe premier de toute science, pour en conclure que le système des sphères hoinocentriques doit être impitoyablement rejeté, et donc que le système de Ptolémée doit être admis, puisqu’il est le seul par lequel les phénomènes soient sauvés, il va se rencontrer un astronome. Franciscain comme Bacon, il empruntera à Bacon même les connaissances a moyen desquelles il le combattra.
Cet astronome se nomme Frère Bernard de Verdun.
« On lit 1 à la fin d’un manuscrit de la Bibliothèque Royale de
i. Notices suceintes sur divers écrivains , de l'an isiïti à l'an i don , par CMiLK Littré; in : Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé par les religieux Bénédictins et continué par les membres de l’Institut, I. XXI, pp. 3 [ 7- A20 ; Paris, 18/47.
L ASTRONOMIE l*ES FRANCISCAINS
Paris 1 ; Tractatus optimus super totam Astrologiam, editus a fratre Bernardo de Virduno, prof essore, de ordine fratrum Minorum. C’est là tout ce que nous savons de cet auteur : il était de Virdunum, Verdun sur Meuse ou quelque autre Verdun de France, professeur, et de l’ordre des frères Mineurs, quoique son nom ne figure ni dans la Bibliothèque de Wadding, ni dans le Supplément. Tout renseignement nous manque sur l’àge où il a vécu 2. L’écriture du manuscrit est du commencement du xivc siècle ; dès lors, on ne peut faire descendre l’auteur plus bas ; et il est vraisemblable qu’il appartient au xme. Les seuls auteurs qu’il cite sont Aristote, Euclide, Ptolémée, Albatenius, Thesbit, Arsachel, Averroès et Alpétragius.
» Le traité sur toute l’Astrologie, de 48 feuillets sur deux colonnes in-f°, commence ainsi : Quia ex scienliis fructu dignioribus, et ex loco ordinîs sublimioribus elegantiague pulcrioribus, etc., et finit par ces mots : Hec sufficiant ; fui enim prolixior quam credideram , sed non inutiliter. »
Indépendamment du manuscrit signalé par Littré, la Bibliothèque Nationale possède un second exemplaire 3 du traité de Frère Bernard de Verdun ; ce second exemplaire fut écrit également au xive siècle ; à ce moment, donc, l’ouvrage du frère Mineur jouissait vraisemblablement d’une vogue assez grande ; et cette vogue dut se maintenir longtemps, car André Stiborius le Bohémien, qui professait l’Astronomie à Vienne au commencement du xvie siècle, possédait en sa Bibliothèque, comme nous le verrons, YEpitoma Almajesti Virduni qui, sans doute, ne différait pas du Tractatus super totaux Astrologiam.
Après avoir chanté les louanges de l’Astronomie, Frère Bernard nous apprend, en terminant le préambule de son traité, quel fut son objet tandis qu’il écrivait : « Pour que tout homme qui possède la Géométrie, puisse, en peu de temps, connaître non seulement la substance de livres qu’une lecture continue de deux ans suffirait à peine à expédier, mais encore beaucoup d’autres objets qui manquent dans ces livres, à cette fin, me confiant dans le secours
j. Bibliothèque Nationale, fonds lalin, n° 7 333, fol. 1, col. a, à fol. /|H, col. a .
2 11 existe à Oxford, un volume manuscrit de la Bibliothèque Bodléienne,
(Digbv, iG4) : Chi sont les lettres frère A idiote envoilées à Bernard de Vent un et les lettres de frère Bernard, envoilées à frère Niehole sur la pierre des philosophes. M. Henri Labrosse a émis, sans d’ailleurs y insister, la supposition que ce frère Niehole était, peut-être Nicolas de Lyre (Hknhi Labiiosse, Œuvres de Nicolas de Lyre, in : Études franciscaines, 1 année, t. XIX, pp. ;