Lincolniensis Summa, Cap. CIX; éd. Baur, p
Maza -
l’astronomie des franciscains
Un peu plus loin, notre auteur écrit 1 :
« A d’autres, il a semblé qu’Aristote n’avait pas voulu prouver d’une manière absolue l’éternité du monde, bien que Rabbi Moïse et Averroès lui imposent cette intention. »
Ce fut, on le sait, un des soucis constants de Roger Racon, de défendre Aristote contre l’accusation d’avoir affirmé l'éternité du Monde ; il a été, semble-t-il, dans la Chrétienté latine, seul à tenter cette paradoxale réhabilitation, encore qu’au contraire de ce que dit la Somme , il en ait emprunté l’idée à Moïse Maimonide.
L’auteur de la Somme n’est pas assez aveugle pour admettre la thèse singulière de Bacon; mais il ne va pas non plus jusqu’à la rejeter d'une manière formelle : « Il semble aux savants, dit-il, qu’Aristote s’est trompé, ou bien qu’ Averroès et Alfarabi, tout de même qu’ Avicenne, Avempace et Rabbi Moïse, lui ont imposé une opinion fausse. »
Ne semble-t-il pas que nous voyions ici l’auteur de la Somme, tout en se rangeant à la commune manière de voir, dont il reconnaît la vérité, accorder comme une marque de déférence à celle de Bacon, que nul n’admet ? Et cette attitude ne trahit-elle pas le disciple respectueux du grand Franciscain ?
Maintes fois, au cours de cet ouvrage, nous aurons occasion de relever, dans la Somme attribuée à Robert Grosse-Teste, la trace de l intluence exercée par Roger Bacon ; par là, nous reconnaîtrons de mieux en mieux qu’un disciple de celui-ci a été l’auteur de cet ouvrage.
La Somme de Philosophie cousacrc de nombreux chapitres aux questions astronomiques ; mais, dans ces chapitres, on remarque beaucoup de désordre et de confusion. Assurément l’auteur n a pas, de ces matières, la connaissance exacte et méditée que possédait un Robert Grosse-Teste ou un Bacon.
Des ignorances et des obscurités qui hantent son esprit, veuton quelque bref, mais saisissant exemple ?
Notre auteur, comme tous ses contemporains, regarde, nous le verrons, le mouvement diurne comme une rotation uniforme d’Orient en Occident, accomplie par la neuvième sphère ; la huitième sphère, qui est le firmament ou le ciel des étoiles fixes, éprouve, d’Occident en Orient, un lent mouvement uniforme découvert par Ptolémée. Nul n’ignore que la première rotation s effectue autour des pôles du Monde et la seconde autour des pôles du Zodiaque. Or la Somme écrit 2 :