Cincolniensis Summa, Cap. CCXXV; éd. Baur, p
L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE
« Nous avons supposé que les mêmes pôles fussent communs à la neuvième sphère et à la huitième. Cela paraît plus convenable tant à cause de l'uniformité des mouvements essentiels de ces deux sphères qu'à cause du sens à droite et du sens à gauche qui, nécessairement, leurs sont communs à toutes deux. »
Il est vrai que notre auteur conçoit, des pôles, une notion si singulière !
« Cela est vrai, poursuit-il, soit qu'on nomme pôles deux points diamétralement opposés, dans chacune de ces deux sphères, soit qu’on nomme pôles des cercles qui s étendent en rond depuis ces points jusqu’aux pôles du Zodiaque (sive circuit a prædictis punctis usqua cul polos zodiaci circumfcrenter porrecti). » Ce que signifie ce dernier membre de phrase, nous serions peut-êtic embarrassés pour le deviner, si nous ne trouvions, quelques lignes plus loin, cette définition : « Ces pôles du Zodiaque, aussi bien ceux qui font partie du firmament mobile que ceux qui appartiennent à, la neuvième sphère, dessinent, par leur mouvement autour des pôles du Monde, de très petits cercles, qu’on appelle également pôles. »
Or, celui qui écrit cette phrase vient de dire : « Ca distance des pôles du Monde aux pôles du Zodiaque est égale a la plus grande déclinaison du Soleil. » En outre, il a déclaré que Ptolémée évaluait cette plus grande déclinaison à 23° 50' et Alhazen à 23° 35r. Nous pouvons, je crois, sans le calomnier, déclarer qu'iljnc comprenait rien aux choses de 1 Astronomie et de la Géométrie ; assurément, il ne méritait pas qu’on le prit pour Robert Grosse-Teste.
Notre auteur admet l'existence de dix sphères célestes. Ca dixième est un Ernpyréc immobile ; c'est le terme fixe par rapport auquel on peut juger du repos ou du mouvement des autres corps '.
« Qu il existe une neuvième sphère -, Avenalpctras s cilorcc de le démontrer par un grand nombre de raisons. »
Ces raisons, on nous les présente sous la forme suivante 1 2 3 :
« Selon Avenalpctras, comme le premier moteur est le plus simple, il donne le mouvement le plus simple, c est-à-dirc un mouvement uniforme et unique. Or, suivant Aristote aussi bien que suivant Ptolémée, la huitième sphère ne se meut pas d un mouvement unique ; elle se meut de deux mouvements.
1. Lincolniensis Sumrnn, Cap. CCX1II et CCX1V ; éd. Biiur, pp.