Ms. P, fol. 184, col. c; ms. B, fol. 3, col. d
l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE
La démonstration, bien connue, d’Aristote conduit à la conclusion suivante 1 :
« Ainsi la surface de l’eau et, d’une façon semblable, la surface de tout liquide non visqueux est nécessairement sphérique ; on le peut également prouver de l’eau qui est contenue dans un vase ou dans un verre.
» En outre, on peut prouver qu’un verre contient plus de liquide à la cave qu’au grenier. En effet, plus bas on porte ce verre, plus est petite la sphère dont une portion forme la surface terminale du liquide contenu dans cette coupe. Mais la corde de ce segment de sphère est le diamètre de l’orifice du verre ; et une corde égale détache, d’une plus petite sphère, une partie plus considérable que d’une sphère plus grande, comme cela est évident au sens. A la cave, donc [le liquide contenu dans] le verre sera plus bombé qu’au grenier, et le verre contiendra plus de liquide, bien que l’excès soit imperceptible. »
Bacon, lui aussi, dans YOpus majus, après avoir démontré a, par la méthode d’Aristote, que la surface des mers est sphérique, formule ce même corollaire *, il le célèbre 8 comme « une grande merveille de la nature, magnum naturæ miraculum ».
Que notre auteur ait emprunté à Roger Bacon cette proposition curieuse, nous n’en saurions douter si nous comparons les phrases suivantes :