Ms. P, fol. i85, col. b etc; ms B, fol. 6, col. b
4. Rogeri Bacon Opus majus. pars Va; éd. Jebb, p. i85 et p. i<)3; éd. Bridges, vol. 1, p. 294 et p. 307.
LASTRONOMIE LATINE ATI MOYEN AGE
OPLS MAJUS.
Et iterum sumitur argumentum ad hoc per Aristotelem in primo Cæli et Mundi et per Averroem , qaodreliqua rnedietas terne ultra æquinoctialem circulam est locus' sursum in Mundo et nobilior, et ideo maxime conipelit habilationi.
Sed quamvis locus ultra tropicum Capricorni sit optimæ habit alionis , quia est superior pars in Mundo et nobilior per Aristotelem et Averroem primo Cæli et Mundi, tamen non invenimns apnd aliquem auctorem terram illam describi
TRAITÉ ANONYME
Item queritur si ultra equinoctialem sit habitatio et vila.
Quod sic, quia Mundus iste sensibilis factus est propter hominem ; ergo quanto dignior sit pars Mundi , tanto magis cunvenit homini ; sed ilia est dignior , ut probabo ; quia, secundum A ristotilem, ilia pars est superior Mundi , ilia [1 ..ista] in qua habitamiis inferior ; ergo ilia dignior .
Opposition videtur quoniam ibi nulle sunt habitationes note, cum omnes civitates note sint citra equinoctialem.
Après avoir exposé mainte raison qui conclut à la possibilité pour l’homme d’habiter dans l’hémisphère austral, et riposté par maint argument en sens contraire, notre auteur conclut enfin par cette considération 1 :
« D’autres disent qu'au delà de l’équateur ou, tout au moins, sous le tropique d’été, il n’y a pas d’habitation possible. La raison en est la suivante : L'auge du Soleil, c’est-à-dire sa plus grande distance, est dans les Gémeaux ; l’opposé de l’auge est donc dans le Sagittaire (On appelle auge la partie de l’excentrique qui est la plus éloignée de la Terre, et opposé de l'auge la partie qui en est la plus voisine). Il advient, par là, que la partie de la Terre qui est soumise aux signes hivernaux [du Zodiaque] est inhabitable; lorsqu’en eliet, le Soleil se trouve dans ces signes, il est à sa moindre distance ou à l’opposé île l’auge, et il est beaucoup plus voisin de la Terre que lorsqu’il se trouve dans les autres signes. Il nous faut donc reconnaître qu’il ne se trouve pas là de région habitable ».
i. Ms. P, fol. 1 85, col. d; ms. B, fol. 0, col. d.
l'astronomie ms Franciscains
Or cette raison est une de celles auxquelles Bacon accorde le plus de force'.
Tous ces rapprochements démontrent de reste que notre auteur avait Y O pus majus sous les yeux tandis qu’il rédigeait son traité d’Astronomie ; cet opuscule nous est donc un nouveau témoin de l’influence exercée par Roger Bacon sur l’Astronomie de son temps ; c’est pourquoi nous accorderons intérêt à ce qu’il nous apprendra des systèmes astronomiques.
11 ne nous en apprendra rien, d’ailleurs, qui ne soit très sommaire et très vague.
11 ne nous diti. 2, d'ahord, comment les stations et les marches rétrogrades des planètes ont contraint les mathématiciens à douer chacun de ces astres d’un épicycle. « C’est un petit orhe dans l’épaisseur duquel [parvus or bis incujus spissitudine) l’astre errant peut, pendant sa circulation, aller et venir, s’arrêter ou rétrograder ». Ces mots semblent indiquer que notre auteur faisait, de l’épicycle, une petite sphère, et donc qu’il connaissait 1’ « imagination des modernes ». Toutefois, cette allusion disparait dans le manuscrit de Bordeaux, où les mots : parvum orbem in eu jus spissitudine , sont remplacés par ceux-ci : circidum parvum in enjus circumferentia. Cet auteur sait, d’ailleurs, que la Lune ne présente ni station ni rétrogradation ; que Ptolémée n’attribue pas d’épicycle au Soleil.
« Mais, poursuit-il3, puisque nous avons touché des mouvements en sens contraires, que nient Aristote et Alpétragius, on demande si la supposition des mathématiciens possède la vérité.
» Il semble qu’il ne puisse y avoir deux mouvements, car l’un des deux se ferait par violence et ne pourrait être perpétuel ; qu’une chose violente soit perpétuelle, cela va contre le Philosophe. Ce mouvement, d’ailleurs, défaillerait peu à peu ; les tables, elles aussi, tomberaient en défaut, et le mouvement qui y est inscrit ne se maintiendrait pas toujours. »
A ces arguments qui tendent à nier l’existence de mouvements célestes opposés les uns aux autres, notre auteur mélange les raisons qui ont été invoquées contre les excentriques. Par ces élévations et ces dépressions qu’un astre, au gré des mathématiciens, éprouve sur son excentrique ou son épicycle, il s’éloigne du centre ou s’en approche ; cela ne saurait convenir au corps du ciel, qui n’est ni grave ni léger. D’ailleurs, « la sphère intérieure qui, d'un
i. Hogeiu Bacon O/ms majus, Pars .quarto, Uist. IV, cap. IV; cd. Jebb, p. 83; cd. Bridges, vol. T, p. 137. — Ed. Jebb, p. 192; éd. Bridges, vol. I, p. 307.
2 Ms. P, fui. 18G, col. d ; ms. B, fol. 8, col. b.