Rogehi Bacon Ü/>. Uiud.y cap. XIX; éd. cit., pp
1, ASTRONOMIE DES FRANCISCAINS
rencontré jeune homme aussi hahile aux études. 11 a fait de si grands progrès que largement, et à plus juste titre que quiconque à Paris, il pourrait gagner le nécessaire, bien que ce soit un jeune homme de vingt ans ou vingt et un ans tout au plus. A Paris, en effet, il n’est personne qui connaisse aussi exactement les racines de la Philosophie, bien que son jeune âge ne lui ait pas encore permis d’en produire les branches, les fleurs et les fruits, et aussi parce qu’il n'a pas encore l’expérience de renseignement. Mais s’il vit jusqu’à la vieillesse et s’il procède selon les fondements dont il est pourvu, il a de quoi surpasser tous les Latins. »
Cette précoce science de Jean, Bacon ne cesse de la vanter au pape.
S’agit-il de difficultés linguistiques 1 * ? « Bien (pie ces exemples soient théologiques, le jeune Jean les comprend mieux que tous les théologiens qui sont, en ce monde, lecteurs ou docteurs. »
S’agit-il de réaliser et d’expliquer des expériences d’ Optique 5, de manifester les propriétés du foyer d’une lentille sphérique ? « Le jeune Jean, afin de faire cette expérience, a emporté un cristal sphérique ; je lui ai donné mes instructions pour fournir, de cet effet caché, démonstration et figure. Il n'y a personne en Italie et, à Paris, il n’y a pas deux hommes qui en puissent donner une raison suffisante. »
S’agit-il cl’ Astronomie 3 ? Bacon envoie au pape deux tailles, l'une relative au calendrier des Juifs, l’autre au calendrier des Chrétiens. « J ai donné à ce jeune homme des instructions suffisantes pour qu'il les comprit l’une et l'autre ; et il n’v a pas trois hommes au monde qui les connaissent toutes deux à la fois ».
A cet adolescent si bien doué, Bacon n’aurait-il pas souhaité d’enseigner l'usage des calculs astronomiques? N’aurait-il pas composé des canons propres à lui apprendre le maniement des Tables de Tolède ? Ces canons, écrits par Roger Bacon à l’intention de son disciple Jean, ne seraient-ils pas l’ouvrage anonyme dont nous allons dire quelques mots? C’est là, disons-le tout de suite, une hypothèse extrêmement hasardée. Elle nous a paru, toutefois, présenter quelque vraisemblance.
L’écrit dont nous voulons parler commence en ces termes4 :
« Diversi aslronomi secundum di versos annos tabulas et rompu lationes faciunt, ut quidam secundum annos Ale.randri sive greco-
i. Rogeiu Maçon Op. laud., cap. .XXV ; cd. cit., p. 8<j.
■2. Rogehi Maçon Op. laud., cap. XXXII; éd. cit., p. iii.