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LA FORTUNE DE MACROBE DANS LES ÉCOLES DU MOYEN AGE

La philosophie néo-^latonicieiinc de Scot Érigètte s’inspire surtout de Chalcidius ; le Commentaire au Timèe composé par èét auteur est, pour le Philosophe de Charles le Chaüve, l’expression même de la pensée de Platon, et Platon est le plus grand philo^ sophe qui ait paru dans le monde.

Peu après le tetnps de Jean Scot, dès la fin dü ixe siècle peutêtre, dès le xe siècle à coup sûr, le Néo-platonisme va, dans la Chrétienté latine, se développer sous l’influence non plus seulement de Chalcidius, mais encore d’Ambroise Théodose Macrobe.

Le Commentaire ail Songe de Seipion, Composé par Macrobe, ne parait avoir exercé aucune influence sur les doctrines de Jean Scot ; il a dù, cependant, connaître cet ouvrage, car on lui attribue1, non sans vraisemblance, un écrit intitulé : « Excerpta ex Maéeobio de diff'etentîis et societalibue gr&ci latiniqite Oerbi ». Le Cbrtifrtenlttiee au Songe de Seipion ne l’aurait donc intéressé qu’au point de vüe de la grammaire.

Les contemporains de Jean Scot connaissaient également cet ouvrage. Servat Loup, abbé de Ferrières, qui joua un grand rêle

ii Histoire littéraire de la France , l. V, p, 427*

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dans 1 Église de France sous Louis le Débonnaire et sous Charles le Chauve, écrivant à Adalgard, le remercie 1 « de l’avoir secondé de son fraternel labeur en la correction de Macrobe »

Ce médiocre écrit de Macrobe devait jouir, pendant toute la durée des xe et xie siècles, d’une vogue extraordinaire ) les Chré-* tiens de 1 Église latine lisaient cet ouvrage avec passion ; ils y pensaient trouver la quintessence de la Sagesse antique,

La faveur extrême en laquelle le Commentaire an Songe de Scipion était tenu au xe siècle nous est attestée par un témoin illustre, par Gerbert, qui devint pape sous le nom de Sylvestre IL

Né vers 930 à Aurillac, Gerbert fut initié aux études dans un monastère de sa ville natale; il acheva de s’instruire en Espagne, près du savant Hatton, évêque de Vich, puis il entra dans l’ordre des Bénédictins; après s’être attaché à l’empereur Othon I, il revint en France, où Hugues Capet lui confia l’éducation de son fils Robert et l’éleva à l’archevêché de Reims (991); depuis 972, Gerbert tenait école en cette ville et prenait, dans ses lettres, le titre de Scolasticus Rememis. Il devint ensuite archevêque de Ravenne (997) et, enfin, pape (999). Il mourut en l’an 1003.

Gerbert était, assurément, très soucieux de Sciences mathématiques et astronomiques. Dans sa correspondance®, il traite de l’Arithmétique, de la Géométrie, de la Musique, des horloges, de la sphère solide propre à l’étude des mouvements célestes, Il a composé un traité sur la Géométrie, et on lui attribue, sans preuve suffisante d’ailleurs, un écrit sur l’astrolabe ; nous aurons occa* sion, au prochain chapitre, de revenir sur ces divers écrits.

Gerbert connaît les auteurs dont s’inspirait Jean Scot. Il cite 3 l’exposition de Chalcidius sur le Timée de Platon et, lorsqu’il invoque* l’autorité du Timée lui-même, c’est encore par cette exposition qu’il connaît l’œuvre du grand philosophe,

Dans une lettre adressée à un certain frère Adam, il emprunte* à Martianus Capella des renseignements sur la durée du jour.

Mais à la lecture de ces auteurs, il joint celle de Macrobe. Dans sa Géométrie, se reconnaissent 6 des fragments tirés du Commén taire au Songe de Scipion. Le scolastique Adalbold, clerc de

1. B. Servati Lupi, Abbatis P'erhariensis, Epistolœ; épist. VIII, ad Adalgardum (Patrologia laiina, accurante Mig-fie, t. GXIX, col. 45®)*

2. Gerberti postea Silyestri II papae Opéra matheitintica (97**1608), CollSgit... Dr. Nicolaus Bubnov. Berolini, 1899,

3. Gerberti Geometria Cap. II, 21 (Gerberti Opéra mathematica, p. 56).

4. Gerberti Geometria Cap. VI, 23 (Gerberti Opéra mathematica, p. 93).

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