Le texte porte Icz xxx
l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE „
joint au Soleil, il sunt amenuisié de lor lumière. Mais en la première sentence, ce dit Albumaxar, s’accordent li plus des philosophes. »
Notre astrologue ne nous laisse pas ignorer la source à laquelle il a puisé ; et, en effet, il nous est aisé de retrouver dans VJnlroductorium in Astronomiam d’Albumasar le chapitre 1 dont ce que nous venons de lire s’est inspiré ; entre le modèle et la copie, il est cependant certaines différences qu’il importe de signaler.
Pour définir ce qu’il nommera ascension ou descente d’une planète, pour dire comment vaiÿe la vitesse du mouvement de cette planète, Albumasar considère, tout d’abord, le mouvement sur le déférent excentrique, sur le cercle qu’en cet endroit, la très fautive édition de 1506 nomme circulus centri, qu elle appelle ordinairement circulas ex centri , par altération des mots circulus excentricus ; la version latine du traité d’Abou Masar n’emploie d’ailleurs pas le mot : aux , mais le mot : absides. Il fait remarquer ensuite que les variations d’éclat de la planète ne dépendent pas seulement des changements que la marche sur ce cercle excentrique apporte à la distance entre l’astre et la Terre, mais encore des ascensions et des dépressions qui résultent de la marche sur le cercle de rétrogradation, c’est-à-dire sur l’épicyele. L’ Introductorium in Astronomiam suit donc la doctrine de Ptolémée ; à chaque planète, il fait décrire un épicycle dont le centre parcourt un déférent excentrique. L’ Introductoire d’ Astronomie donne une seule cause aux changements qu’éprouve la distance entre une planète et la Terre, et cette cause est la marche de la planète sur son épicycle ; c’est supposer implicitement que le centre de ce cercle demeure toujours à la môme distance de la Terre ; l’Astrologue de Baudoin de Courtenay réduit donc les propositions d’Abou Masar à ce qu’admet la théorie astronomique simple donnée par le Commentaire de Chalcidius ; remarquons, d’ailleurs, qu’en simplifiant de la sorte les considérations de l’Astrologue arabe, il a su les rendre singulièrement plus claires.
A ces considérations, Abou Masar joignait cette remarque :
« Comme la lumière de la Lune, la lumière des planètes supérieures augmente au fur et à mesure que ces astres s’éloignent du Soleil ; elle diminue lorsqu’ils s’approchent du Soleil. »
i . Inlroductorium in astronomiam Albumasaris abalachi octo continens libros partiales. — Colophon : Opus introductorij in astronomiam Albumasaris abalacbi explicit féliciter. Üenetijs : mandato et expensis Melchionis (sic) Sessa : Per Jacobum pentium Leucensem Anno domini i5o6 Die 5 Septembris. Régnante inclyto domino Leonardo Lauredano Uenetiaruin Principe. Lib. VII, cap. I : De proprietatibus stellarum et habitu substantiali, 3e fol. après le fol. sign. f 4» v#, et fol. suiv. r«.
LE SYSTÈME u’hÉRACLIDE AU MOYEN AGE
Quelques commentaires détaillaient cette proposition, mais ils ne cherchaient aucunement à briser le rapprochement erroné qu’elle semblait établir ; ils ne montraient point comment la position de la planète par rapport au Soleil n’est pas, comme elle l’est pour la Lune, la cause directe de la variation d’éclat; ils ne faisaient pas remarquer qu’une planète supérieure est précisément apogée quand elle est en conjonction avec le Soleil et périgée quand elle est en opposition ; en observant que « li plus des philosophes » se gardent de comparer les variations d’éclat des planètes aux phases de la Lune, et en mettant cette observation au compte d’Albumasar, c’est un don gratuit que notre astrologue fait à l’auteur arabe.
Au lieu de faire courir une planète sur un épicyle dont le centre parcourt un cercle concentrique au Monde, certains auteurs anciens lui faisaient décrire un cercle excentrique fixe ; ce système avait, en particulier, la faveur de Pline. Les géomètres savaient qu’il n v avait accord entre les deux modes de représentation que pour le Soleil, qui décrit son épicycle dans le temps même que le centre de celui-ci met à parcourir le déférent concentrique ; mais des astronomes peu instruits croyaient que les deux théories s’équivalaient d’une manière entièrement générale. Chalcidius semblait admettre cette équivalence lorsqu’il écrivait 1 2 3 : « Il faudrait une longue démonstration pour dire quelles sont, d’une étoile errante à la Terre, la plus grande distance, la plus petite, la distance moyenne, pour montrer quand elles adviennent, soit que l’astre parcoure un excentrique, soit qu’il parcoure un épicycle. » Guillaume de Gonches avait reçu la pensée que cette phrase de Chalcidius suggérait *. Or, notre astrologue avait, sans doute, lu Chalcidius et, très certainement, Guillaume de Conches. Si donc, au passage que nous allons citer, il parle des planètes supérieures comme si chacune d'elles décrivait un excentrique fixe, nous n’en serons point étonnés.
Voici ce que nous lisons dans T lntroductoire d' Astronomie 8 :
» Des III plus haut planètes.
» Et après nos dirons des III plus hauz planètes, et premièrement de Mars, cornent il fait son cours, liquels a son cercle environ la terre, ja soit-ce que la terre ne est mie centres ne el milieu de son cercle. »
Le chapitre qui commence en ces termes ne fait plus la moindre
1. Chalcidii Commentarius in Timceum Plntoms, LXXXVI; éd. cit., p. aoi .