Ms. cit. , fol. 34, col. c
l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE
allusion à l’existence d’un épicycle, bien que, fort illogiquement, il parle des stations et des rétrogradations.
Semblables illogismes ne sont points rares dans Y Introductoire d’ Astronomie . Pour expliquer les phénomènes astronomiques, l’auteur n’use que des deux hypothèses que lui pouvaient enseigner Pline et Chalcidius, l’hypothèse de l’excentrique fixe, et l’hypothèse de l epicycle dont le centre parcourt un cercle concentrique au Monde. D’autre part, la pratique même de son métier d’astrologue l’amenait à connaître des phénomènes dont ces hypdthèses ne pouvaient rendre compte, à consulter des tables construites selon d’autres théories. Il se contentait alors d énoncer des faits et de formuler des règles dont il ne donnait aucune explication.
Il est temps d’arriver à ce que l’Astrologue de Beaudoin de Courtenay dit de la théorie des deux planètes inférieures, Vénus et Mercure.
« Uncore 1 ont li Solauz et la Lune et li III sourain planète, Saturnus, Jupiter, Mars, une communité que lui autre II, Vénus et Mercurius, ne ont mie ; quar lor cercles, par quoi il corent contre le firmament, environent la terre ; li cercles de V énus et de Mercure ne l’environent mie. Ainz corent environ le Soloil et ont lor centre de lor cercles el cors del Soloil ; mes Mercurius a le centre de son cercle el milieu del cors del Soloil, Vénus l’a en la souraineté del cors del Soloil ; et por ce sunt il dit épicercle, qu il n’environent mie la terre, si cum j’ai dit desus des autres.
» Et de ceste intrication et envelopement de cercle est solue une contrariétez qui est entre les philosophes. Quar li Calden, de cui sentence fu Tulles et Cicéro 2, distrent que li Solauz est el quart leu et el mileu des planètes ; li Égyptien, à cui Platons se consent, distrent que il estoit après la Lune ; et Macrobes en met lor opinions et lor raisons.
» Quar li Calden regardèrent que quant Vénus et Mercurius sunt plus bas qui li Solauz, il sunt veu plus apartement *, porce que li Solauz ne nos puet mie si repoudre 4 les choses qui sont desoz lui cum cèles qui sunt desus ; dum, selonc l’estât qu’il Qrent plus notable et plus apparaissant, distrent qu’il estoient desouz le Soloil; et porce que li Solauz, qui est fontaine de toute chalor, devoit estre el milieu, si que par lui fust atemprée toute 1 armonie, ce est la consonance, celestial, si qu’il fust melment gover-