‹ Le système du mondeChapitre 71 sur 243 · Ms. cit., fol. 32, col. d. et fol. 33, col. a · texte numérisé non relu

Ms. cit., fol. 32, col. d. et fol. 33, col. a

l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE

des ou meins. De lor station et de lor rétrogradation avez oï les opinions desuz, dont, quant ad Mercure, puet meauz estre adaptée cèle des épicercles. Et dit Martians que il ne s’eslogne del Soloil que XXXII degrez au plus. Et porce que si cercles est environ le Soloil, quant il est desus le Soloil, et il vait o le Soloil en Orient par son naturel cours, si est diz progressis ; quant il est desouz le Soloil, porce que il vait en Occident contre le Soloil, si est diz rétrogrades ; et quant il descent ou il- monte, si est diz stationaires . »

« Del cours Vénus et de son movement L

» Ci après vos covie nt dire cornent Vénus fait le suen cours, liquels a sun cercle environ le Soloil si cum Mercurius.... Et est souvent rétrograde et stationaire, autresi cum Mercurius, et une foiz desuz le Soloil, autre foiz devant, autre foiz derrière, autre fois desoz . »

Sur la Science de son temps, l’Astrologue de Baudoin de Courtenay est singulièrement en retard ; son livre a été écrit en 1270 ; il eut put 1 être en 1150; il eût pu l’être avant que Michel Scot apportât aux Latins la Théorie des planètes d’Al Bitrogi, les traités de Physique et de Métaphysique d’Aristote ; il eût pu l’être avant que les Platon de Tivoli et les Gérard de Crémone, en traduisant Al Pergani et Y Almageste, eussent révélé aux Chrétiens d’Occident les doctrines de Ptolémée. L’Astronomie qu’enseigne notre « astrologien », c’est celle que connaissaient les contemporains de Guillaume de Couches et de Thierry de Chartres, celle qu’on pouvait tirer des enseignements de Pline, de Chalcidius, de Macrobe, de Martianus Capella. Et là est, pour l’historien, l’intérêt tout particulier de YIntroductoire d' Astronomie ; très complètement, avec une grande clarté, il fait revivre à nos yeux les querelles qui se débattaient, au sujet des mouvements célestes, dans les Écoles de Chartres parvenues au plus haut degré de leur splendeur, dans les Ecoles de Paris, alors qu’elles commençaient d’asseoir, sur l’Europe latine, leur domination intellectuelle.

i. Ms. cit., fol. 33, col. d, et fol. 34, col. a.

LE SYSTÈME d’hÉRACLIDE AU MOYEN AGE

l’hypothèse d’hÉRACLIDE DU PONT AU XIVe SIÈCLE. — PIERRE D’ABANO

En la personne de Pierre d’Abano ou de Padoue, l’Université de Padoue nous offre, au début du xiv8 siècle, un érudit curieux de recueillir, sur toutes les questions scientifiques ou médicales, les avis des auteurs les plus divers ; parmi les compilations de Pierre de Padoue, se trouve un Lucidatur astrologiæ , écrit en 1310, et dont la Bibliothèque Nationale possède une fort mauvaise copie manuscrite ’.

Nous aurons occasion, en étudiant les progrès de l’Astronomie en Italie, de parler longuement de cet ouvrage. Pour le moment, nous nous arrêterons seulement à ce qu’il dit des mouvements de Vénus et de Mercure.

Après avoir exposé l’opinion qui met Mercure et Vénus entre la Lune et le Soleil, et l’opinion qui place ces deux planètes au-dessus du Soleil, Pierre d'Abano poursuit en ces termes* :

« Certains astronomes ont tenu une sorte de voie intermédiaire; ils ont placé Mercure et Vénus tantôt au-dessus du Soleil et tantôt au-dessous. Parmi eux, il en est qui ont démontré ce mouvement sans recourir aux épicycles et en se servant seulement d’excentriques qui se coupent; c’est ce qu’indique Macrobe en son Commentaire au Songe de Scipion. En sorte que lorsque Vénus et Mercure parcourent les parties supérieures de leurs cercles respectifs, on doit les regarder comme placés au-dessus du Soleil; lorsqu’au contraire, ces planètes décrivent les parties inférieures de ces mêmes cercles, on doit estimer que le Soleil se trouve au-dessus d’elles. La figure que voici la montre évidemment. »

Pierre d’Abano traçait, en cet endroit, une figure que ne reproduit pas le manuscrit que nous avons eu entre les mains. « D’autres », disait -il ensuite, « parmi ceux qui admettent cette sorte d’ordre intermédiaire, l’exposaient, je pense, non seulement au moyen d’excentriques, mais encore au moyen d’épicycles, car ils ont coutume d’user de ces deux sortes de cercles ». Parmi ceux qui devaient, dans l’hypothèse d’IIéraclide du Pont, introduire à

i. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° 2598.

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