Voir : Tome I, pp
et la marche rétrograde de ces astres. Il existe, en effet, pour chaque astre errant, une distance, définie avec précision, telle que l’étoile, lorsqu’elle est parvenue à cette distance du Soleil, semble tirée en arrière, comme s’il lui était défendu de passer outre ; inversement, lorsque sa marche rétrograde l’a conduite au contact d’un certain point, elle se trouve rappelée à la course directe qui lui est coutumière. Ainsi la force et le pouvoir du Soleil modèrent le mouvement des autres luminaires et le maintiennent dans une mesure fixée ».
A en juger par ce que dit Macrobe, il semble qu’en faisant circuler les diverses planètes autour du Soleil, les astronomes aient expliqué le pouvoir modérateur de cet astre par une force attractive qu’il exercerait sur les planètes, par cette èvavria o jvap.ts que le Timée invoquait déjà \ que Lucain, que Pline le Naturaliste, que Chalcidius avaient admise à leur tour.
Ces diverses réminiscences d’un système astronomique héliocentrique, nous les retrouvons dans le livre Sur le Soleil que Marsile Ficin livra à l’impression, en même temps que son ouvrage Sur la lumière , en 1493.
Ce n’est pas que Marsile Ficin professe le moins du monde l’opinion que les planètes circulent autour du Soleil ; moins instruit, à cet égard, que Théon de Smyrne et que Macrobe, voire que son contemporain Jean Pic de la Mirandole, il ne parait même pas soupçonner l’hypothèse qui met le Soleil au centre des circulations de Mercure et de Vénus. « La Lune, Vénus et Mercure, dit-il \ sont appelés satellites ( comités ) du Soleil ; la Lune, parce qu’elle est très fréquemment en conjonction ou en opposition avec le Soleil ; Vénus et Mercure, parce qu’ils sont très voisins de cet astre et, en outre, parce que leur marche est égale à celle du Soleil. »