‹ Le système du mondeChapitre 78 sur 243 · Bubnov, Op. land., p. n3, D · texte numérisé non relu

Bubnov, Op. land., p. n3, D

l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE

présent volume, a été mis après celui-ci ; ce livre est confus à l’excès ; il n’enseigne pas le moyen de fabriquer l’instrument, mais seulement l’art de s’en servir. Bérenger donc, qui avait lu ce livre, connaissait l’art de se servir de l’instrument, mais il ne savait pas le construire. Il pria son ami Hermann de lui apprendre à construire cet instrument. A sa demande, Hermann composa le présent livre et, en second lieu, mit de l’ordre au livre de Herbert. Il fait précéder son écrit d’un prologue où il sollicite la bienveillance de Bérenger et où il fait allusion à sa propre faiblesse. »

Rien ne peut égaler, en effet, l’bumilité avec laquelle se présente, à son ami Bérenger, l’auteur du Liber de compositione astrolabii 1 :

« Hermann, plante des pieds des pauvres du Christ, de la Philosophie suivant plus lent qu’un petit âne, voire qu’un limaçon, à son cher B... 2 3, salut perpétuel dans le Seigneur.

» Souvent mes amis m’ont demandé d’essayer d’écrire sur la Mesure de l'astrolabe ; on la trouve, en effet, aux mains des nôtres, mais confuse, partant obscure, et souvent mutilée ; ils m’ont demandé d’écrire quelque chose de plus clair et de plus complet ; jusqu’ici, toutefois, je m'y suis soustrait, soit à cause de mon ignorance, soit à cause de la paresse qui est, hélas ! ma compagne familière; mais enfin, poussé surtout par tes instances, avec la permission de mon inertie et de ma paresse, j’ai pu y parvenir. Que la charité de mes amis soit indulgente pour moi

quæ imbecilli

Tarn grave non pepercit onus imponere dorso Gratanter.

Reçois donc cette simple mesure de l’instrument en question, de quelque façon qu’elle soit décrite. »

Ce Bérenger, ami d’IIermann Contract, était assurément un curieux d’instruments astronomiques ; c’est sans doute celui qui, dans un manuscrit de la Bibliothèque de Berlin’, à côté du dessin d’une horloge de voyage, se donne pour inventeur de cette horloge.

En ce Bérenger, ne devons-nous pas voir le célèbre Bérenger

1. Hermanni Prœjatio in libruin de mensura astrolabii (Migne, Patrologia latina , t. CXLIII, col. 38i).

2. Les manuscrits ne portent que cette initiale: l’auteur de la note précédemment citée sait qu’elle signifie Bérenger; il est donc, comme le fait remarquer M. Bubnov, au nombre des familiers de Bérenger ou d’Hermann,

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