‹ Le système du mondeChapitre 79 sur 243 · Bubnov, Op. laud., p. n3, n · texte numérisé non relu

Bubnov, Op. laud., p. n3, n

de Tours (999-1088) ? On le pourrait soutenir avec grande vraisemblance. Bérenger de Tours, en effet, avait été disciple de Saint Fulbert de Chartres. Or, Fulbert, qui avait eu Gerbert pour maître, avait transmis à ses propres élèves le goût des Mathématiques et de l’Astronomie. Ceux-ci se préoccupaient ardemment de recueillir des renseignements sur les instruments astronomiques.

Rodolphe de Liège suivit d’abord les leçons de Wazo ; puis il se rendit à Chartres, sans doute dans les dernières années de Fulbert, qui faisait grand cas de son intelligence h De retour en sa patrie, il se lia avec un écolâtre de Cologne, Ragimbald1 2 3 *, qui était également venu à Chartres, où il avait eu, avec Fulbert, des conférences sur les Mathématiques. Entre ces deux scolastiques s’établit une correspondance que M. l’abbé Clerval a découverte. Rodolphe y écrit à Ragimbald8 : « Je vous aurais envoyé volontiers mon astrolabe pour que vous en jugiez ; mais il me sert de modèle. Si vous voulez savoir ce que c’est, venez à la messe de Saint Lambert ; vous ne vous en repentirez pas ; il vous serait inutile de voir simplement un astrolabe. »

Un autre disciple de Fulbert, Francon, écolâtre à Liège en 1047, mourut en 1083*. Il écrivit5 * un traité De sphæra, aujourd’hui perdu. Il s’agissait sans doute de la sphère solide, instrument astronomique capable de suppléer l’astrolabe en certains de ses usages8. Gerbert, à l’époque où il n’était encore qu’écolâtre à Reims (972-982), en avait déjà donné la description7 à son ami Constantin. On trouve cette sphère solide dessinée dans un manuscrit du xne siècle conservé à Chartres8.

De Gerbert donc à Fulbert, de Fulbert à ceux qui étaient venus à Chartres entendre sa parole, un grand désir s'était transmis de connaître la construction et l'usage des instruments astronomiques. Cette curiosité des choses de l’Astronomie, nous ne nous étonnerons pas de la voir passer des disciples de Fulbert à ceux qui les

1. Abbé A. Clerval, Les écoles de Chartres au Moyen Age. Paris, 1896 ;

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