A. Clerval, Op. laud., pp
0. De cet ouvrage, il existe deüx éditions qui sont les suivantes : i° Introducturiurn in Astronomiam Albumasaris abai.achi octo continens librus partiales. Colophon : Opus introductorii in Astronomiam Albumazaris nbalathii explicit féliciter Krhaldi Ratdolt mira imprimendi arte qua nuper Venetiis nunc Augustæ Vindelicorum excellit nominatissimus. Vil Idus Februarii MCCCCLXXX1X. — 20 Inlroductorium in astronomiam Albumasaris abalachi octo continens libros partiales. Colophon : Opus introductorij in aslConomiam Albumasaris abalachi explicit féliciter. Uenetijs : mnnd&to et eXpensis Mel-
LE TRIBUT DES ARABES
La traduction latine s ouvre par une épître dédicatoire qui sert de préface au traducteur. Celui-ci raconte comment il avait fini par prendre en aversion « la prolixité et l’incontinence » du texte arabe qu il avait entrepris d’interpréter ; il voulait supprimer 1 exorde que 1 auteur y a mis. « Alors toi, le compagnon spécial et inséparable de toutes mes études, toi, l’unique associé de mes affaires et de mes actes, tu t es souvenu de moi, tu es venu vers moi, et tu ni as dit : « Assurément, mon cher Hermann, quelque » avis que te donne, pour l’amour de toi, un méprisable traduc- » teur, ni toi ni aucun interprète expert en une langue étrangère » n avez à en tenir compte 1 ; il me semble, cependant, qu’avant » de poursuivre ta route, il te faut prendre un autre chemin. » — L’omission du prologue pourrait être attribuée à l’ignorance des traducteurs par le lecteur qui comparerait la version latine au texte arabe ; partant, il est bon de le conserver. « Si donc, poursuit notre traducteur, quelque chose se trouve ajouté, par nos études, au bagage latin, que le mérite ne m’en soit pas compté à moi plus qu’à toi ; c’est toi, en effet, qui a été la cause du travail, le juge de l’œuvre accomplie et le témoin très certain de. l’un et de l’autre ; tu sais, néanmoins, combien la tâche est lourde, .qui consiste à prendre ce flux de paroles qui est d’usage chez les Arabes, et à le transformer en quelque chose qui soit conforme à la mode latine, surtout en ces matières qui réclament une reproduction si exacte des choses. » Cette lettre nous apprend, d’une manière non douteuse, que la traduction de l’ Introductorium in Astronomiam est l’œuvre d’Hermann. Le personnage auquel elle est adressée est, assurément, Robert de Rétines.
Nous ne connaissons pas seulement le nom du traducteur de Y Introductorium ; un autre passage nous marque, à lafois, l’année où Abou Masar composa cet ouvrage et l’année où Hermann le mit eu Latin. « 11 faut savoir, nous dit ce passage 2, que les degrés et minutes de ces lieux se rapportaient aux jours d’Albumasar, comme il déclare lui-même, c’est-à-dire à l'an 1100 de l’ère d’Alexandre
chionis (sic) Sessa : Per Jacobum pentium 'Leucensem. Anno domini i5otj. Die 5 Septembris. Régnante inclyto domino Leonardo Lauredano Ueneliarum Principe.
1. Nous ne garantissons pas l’exactitude de ce passage dont voici le texte (éd. de i5o6) : Quanquam equidem nec tibi pro a/nore iuo mi Hermanne nec ulli consulta aliéné lingue inlerpreti in rerum translationibus abjecti sententia quandam nuilatenus advertendurn sit.
2. Albumasaris Introductorium in Astronomiam, lib. VI, cap. IV, art : De signis ad formæ dignitatem, ad largitatem ducentibus, ad conjunctionis complementum. Éd. i5o6, fol. sign. f. l\, v°.
l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE
[777 de J, CJ. Mais en notre temps, c'est-à-dire en l’année 1140
de l’incarnation du Seigneur... »
La traduction de 1’ hnlToductofiu.nl n a pas seulement initié les Latins aux principes de l’ Astrologie judiciaire ; 1 ouvrage d Albumasar contenait, nous l’avons dit1, une description très détaillée et très exacte du phénomène des marées ; cette description, nous le verrons, devint, pour ainsi dire, classique chez les Latins au Moyen-Age.
Les traducteurs, parfois, composaient aussi des traités originaux ; d’Hermann le Second, on a 2 3 un traité sur le calendrier ( De compoto ).
A leur exemple, les Chartrains s adonnaient à 1 Astronomie , tel cet Ascelin le Teuton, d’Augsbourg, qui écrivait sur Y Astrolabe*. Ils se conformaient au désir quTiermann exprimait dans sa lettre à Thierry 4 :
« Je veux », disait-il, « vous gratifier des prémices de l’Astronomie, vous qui êtes l’unique père des études latines ; d ailleurs, je n’ai rien de mieux à vous offrir, et je ne connais rien qui puisse vous être plus agréable. Je veux aussi qu’ils sachent par vous de quelle présomption ils se rendent coupables, ceux qui s arrogent la science de T Astronomie sans en avoir appris les éléments. Enfin j’ai voulu que ce travail de mon confrère, Robert de Rétines, qui offre aux Latins la clé de la science du Ciel, fût confirmé par votre sainte autorité avant de tomber dans les mains des curieux. »
Voici, en effet, que la Scolastique latine connaît les éléments de l’Astronomie pratique ; elle sait comment on construit une sphère solide ou un astrolabe, comment on s’en sert pour observer la position des astres, à quelles combinaisons mathématiques les canons et les tables soumettent ces observations. Il lui reste à s’instruire des théories de l’Astronomie.
Elle va, tout d’abord, recevoir une première et peu durable initiation à l'œuvre d’Aristote.
1. Voir : Première partie, Ch. XIII, § XIV ; t. II, pp. 36g-386.