‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 196 sur 441 · Dugriale, Origines jud., p. biT · texte numérisé non relu

Dugriale, Origines jud., p. biT

L'ANCIEN BARRFA II

cats; ils prenaient part aux exercices de leur hôtel, assistaient aux audienceset probablement aussi travaillaient avec les anciens de la profession. Us demeuraient trois ans dans cette situation, à laquelle ils ne parvenaient qu'après deux ans de stage dans un hôtel de cour.

Les étudiants, qu'ils fussent stagiaires ou inner barristers, étaient tous internes; ils prenaient leurs repas avec les avocats, au réfectoire commun, et ils assistaient aux mêmes exercices. « Dans ces grands hôtels, dit Fortescue, aucun étudiant ne peut être maintenu à une charge annuelle moindre de lxxx scutes, et plus, s'il a un serviteur, comme beaucoup en ont, de sorte qu'à cause de cette grande dépense les fils de gentlemen peuvent seuls étudier les lois, l'espèce vulgaire du peuple n'étant pas en état de supporter une aussi lourde charge1 .» Un auteur déclare, d'ailleurs, que « nul n'était admis dans les houses of court, qui sont les séminaires préparant les hommes propres au gouvernement de la justice, à moins d'être gentilhomme de naissance 2 »? et un autre qualifie les hôtes des inns de apprenticiinobiliores 3. Cependant, un règlement rendu sous Jacques Ier décidait qu'aucune dignité, fût-ce celle de lord ou de chevalier, ne conférait, dans les hôtels, un droit de préséance .

Les règlements des i?ins prévoyaient tout ce qui con-

1. — De laudlhus legum Angliœ, p. 311. — Il esL cependant bien difficile d'admettre, avec Fortescue, qu'à cette époque, où la population n'était pas très considérable, il y eût deux mille jeunes gens de familles nobles ou même de haute bourgeoisie.il devait y avoir beaucoup d'étudiants d'origine plus modeste.

2. — Ferne, Glory of generosity ; — Dugdale, Origines judiciales, p. 31G.

3. — Thomas do Walsingham, Annales. — Ferne, qui écrivait au xvie siècle, dit que les étudiants doivent être des gentlemen of blood.

LES HOTELS DE COUR

cerne la tenue et le genre de vie des futurs avocats. Défense était faite, sous peine d'une amende de vingt-cinq francs, de porter une barbe vieille de plus de trois semaines, délai qui fut réduit à quinze jours 4, jusqu'au moment où Elisabeth abrogea ce règlement, dont on ne pouvait obtenir l'observation. A Lincoln's inn, où l'on était particulièrement sévère, les benchers interdisaient certaines formes de pourpoints et de hauts-de-chausse. les fraises trop larges ou les trop longs cheveux. Une ordonnance du cardinal Wolsey portait que tous les étudiants devaient rentrer dans leur inn avant six heures du soir2, et un règlement postérieur 3 décidait que Ionles serviteurs, sauf l'intendant, le sommelier on chef et le premier cuisinier devaient être mariés et qu'aucune blanchisseuse ou femme de service, âgée de moins de quarante ans, ne pourrait pénétrerdans les hôtels4.

Chacun des hôtels avait sa chapelle, et les étudiants étaient tenus d'assister aux offices religieux; les barrislei^s devaient leur donner l'exemple. A partir de la Réforme, on n'épargna aucun effort pour peser sur la conscience des avocats ; la Chambre étoilée rendit de sévères ordonnances et s'efforça de les faire observer.

Elisabeth, qui portait un particulier intérêt aux inns of court, fit défense d'y recevoir des papistes; elle prescrivit d'interroger les étudiants, pour savoir s'ils allaient exactement à la chapelle ou pour quels motifs ils s'en

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