‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 205 sur 441 · Enquête, Evidence · texte numérisé non relu

Enquête, Evidence

I/ES HOTELS DE COUR

luxueuse; d'étroits escaliers, au bas desquels une liste d'inscriptions indique les noms des habitants du corps de logis, conduisent à une série de pièces plus ou inoins enfumées et poudreuses. Chacun de ces cabinets est protégé par de doubles portes souvent bardées de fer, sur lesquelles est peint, en gros caractères noirs, le nom de celui qui l'occupe. A l'abri de ces lourdes barrières, travaillent, dans une première salle, les clercs ou les saute-ruisseaux, dont le nombre varie suivant la clientèle du cabinet; à coté, est une autre pièce encombrée de papiers et de livres noircis à l'envi par l'épaisse fumée de Londres : c'est là que se tient l'avocat. La commodité de ces installations est, d'ailleurs, si bien comprise que la demande est très généralement supérieure à l'offre 4. Les jeunes barristers qui ne peuvent pas trouver de chambre vacante se font inscrire et, lorsqu'un local devient libre, on le met à la disposition du plus ancien des postulants.

Bien que les avocats aient, depuis longtemps, cessé de résider effectivement dans les hôtels et que la plupart d'entre eux regagnent rapidement leur club ou leur domicile, aussitôt que la besogne du jour est achevée, chacun a toujours la faculté de prendre ses repas à la table commune. Les halls ou réfectoires sont rie véritables monuments d'une rare splendeur. Ce sont de vastes nefs, semblables à celles des églises : les murs, revêtus de boiseries que surmontent des peintures et des corniches rehaussées d'or, sont percés de lar-

I. — Il y a longtemps qu'il en est ainsi. Au xvi" siècle, il y avoil. à Grays' inn, 124 chambres et 220 habitants, dont 12 bouchers et 30 ullcr barristers. Chaque chambre était occupée par deux avocats. (State ]>apers. Elisabeth, 1574, vol. XCV, art. 91.)

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