‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 237 sur 441 · Ibid. — Évidence nos 1509 et · texte numérisé non relu

Ibid. — Évidence nos 1509 et

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tente d'écouter et de noter les réponses. Et non seulement chacun interroge les personnes citées à la requête de son client, mais il doit aussi contre-examiner (crossexamine) celles assignées par la partie adverse. Or, J'avocat ne sait généralement de l'affaire que les choses exposées dans son ôrief, et c'est en partie pour cela qu'il ne doit jamais indiquer sa propre opinion 1 et qu'il ajoute souvent la réserve : si mes instructions sont exactes (if am rightly instructed), mais si le ôrief contient des lacunes ou des erreurs, si un témoin ne répond pas ce que l'on attendait, s'il se laisse trouhler par le contre-interrogatoire de l'adversaire, voilà Je sol qui tremble sous les pas de l'avocat. II faut cependant aviser de suite, trouver la phrase, le mot qui peuvent sauver la situation.

Arrivent les témoins de l'adversaire : que vont-ils dire? on l'ignore; quels documents va-t-on produire? on ne le sait, car il n'y a pas, entre confrères, de communication préalable de pièces et, si l'on arrive à obtenir, au moyen des demandes en discover/y, celles dont on connaît l'existence, il peut s'en trouver d'autres, dont la production imprévue a une extrême gravité. Il faut, en une seconde, saisir tous les points faibles, remarquer tous les défauts de la cuirasse, poser dans le contre-examen 2 les questions utiles et seulement

1. — 11 est do l'essence de la profession qu'un avocat n'indique son propre avis dans aucune circonstance, et n'emploie jamais d'expressions qui le fassent présumer. (Ballantine, Expériences of a barristers Ufe, vol. I, p. 93.)

2. — Pour réussir (clans le cross examination), il faut que, avant de poser . une question, l'avocat se forme une idée des faits et du caractère, ainsi que des mobiles probables du témoin. Gela, sans doute, demande de l'expérience et le succès du contre-examen doit dépendre de l'exactitude de l'idée qu'il s'est faite... Il ne faut jamais s'arrêter longtemps sur

LE ROLE DE L'AVOCAT

celles-là; en un mot, l'attention doit être incessamment soutenue, l'esprit toujours présent et en éveil.

A mesure que l'affaire avance, l'avocat doit se rendre compte de l'impression faite sur le juge et sur le jury, et des chances qu'il a de gagner sa cause ; il doit se demander s'il n'y aurait pas lieu d'abandonner certaines conclusions, d'accepter une transaction ou de faire rendre un jugement d'accord. Tout cela, pour être bien fait, demande une grande justesse d'appréciation, un coup d'œil prompt, une expérience consommée. L'éloquence n'est pas nécessaire, la science juridiqwe n'est pas indispensable *, soit, mais il faut du tact, et même,

des faits accessoires, mais il faut chercher ceux sur lesquels le témoin n'a pas eu le temps de se préparer. Lorsque l'avocat a réussi à préciser un fait, il doit passer outre, jusqu'au moment d'adresser la parole au jury, car si un témoin malhonnête a laissé échapper, par inadvertance, un aveu qui lui est contraire, et que l'insistance de l'avocat l'en fasse apercevoir, il essaiera et peut-être réussira à se rétracter. L'objet du contre-examen est non de produire des effets surprenants, mais d'établir des faits à l'appui de la théorie qu'on veut développer. Il ne faut pas croire, comme disait le baron Alderson, que l'art de cross examine est celui d'examiner crossly. (Ballantine, Expériences of a barrisler's life, vol. I, ch. ix.)

1. — « Chacun sait que les faibles instruments qui sont nécessaires pour la pratique quotidienne et pour les plaidoiries dans les cours, sont une chose très différente de la connaissance substantielle de la législation. Cet encouragement, presque exclusivement donné à la connaissance des choses pratiques et mécaniques, a eu pour effet de décourager, comme étant sans profit, les parties élevées et doctrinales de la profession et a produit deux inconvénients frappants : il a ôté à l'étude de la législation son caractère scientifique et a graduellement éloigné, en leur montrant combien ces connaissances sont peu appréciées, les intelligences les plus capables de donner à la profession du barreau son véritable caractère... A l'étranger, les publicistes et les professeurs forment une classe à part, occupant les postes les plus honorables de leur profession et ceux du service de l'État. Ici, cette classe est comparativement inconnue et les exemples individuels sont rares, quoique, en raison des principes et des formes de son gouvernement et de sa constitution, peu de pays aient plus que le nôtre besoin d'un semblable corps. » (Report of the select committee on légal éducation, p. 34.)

LE BARREAU

j'en demande pardon à mes compatriotes, qui ont le tort de s'en croire le monopole, il faut de l'esprit.

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