L'AVENIR DE L'AVOCAT
parvenir à ces hautes positions ou qui, fatigués de la vie du barreau, désirent s'asseoir plus tôt, peuvent être nommés juges d'une cour de comté, d'une cour de police ou d'une cour locale; il y a plus de cent sièges de ce genre, avec un traitement annuel de quarante mille francs *. Enfin, un certain nombre d'avocats, tout en restant inscrits au barreau, sont appelés à remplir, d'une façon intermittente, des fonctions judiciaires ou quasi-judiciaires. C'est ainsi qu'on en compte cent dixhuit investis du titre de recorder, c'est-à-dire de juge d'une cour locale, et cent autres annuellement chargés de la revision des listes électorales. Quelques-uns sont habituellement employés par Y attorney gênerai ou par le solicitor de la Trésorerie, d'autres plaident pour les grandes administrations publiques. Si l'on songe, en outre, à ce que rapporte la clientèle des grandes compagnies industrielles et notamment aux sommes énormes que touchent les avocats chargés de soutenir ou de combattre les bills privés, on comprend combien sont grands les attraits de la carrière. Elle mène aux deux choses que les hommes désirent par-dessus tout et que les Anglais n'aiment pas séparer : les honneurs et le profit.
Lord Lyndhurst disait : « Lorsque j'ai à nommer un juge, je cherche un gentleman ; c'est tant mieux s'il sait un peu de droit 2. » Au fond, il avait raison. Le barreau fournit rarement à la magistrature des juriscon-
1. — Il y a quelques places plus lucratives, par exemple : celles de recorder de Londres, de common serjeant , de juge de la cour de la Cité de Londres, etc., dont le traitement varie entre 56.300 fr. et 88.000 fr.
2. — Ballantine, Expériences o f a barrister's lipe, vol. I, p. 148.
LE BARREAU
suites éminents, mais il lui donne, ce qui est plus précieux ençore, des hommes d'honneur ayant les qualités maîtresses du juge : l'indépendance, la probité, l'impartialité, l'expérience et le bon sens.