RANG ET COSTUME DES JUGES
origine, sont parvenus aux plus hauts emplois, « Pour l'honneur de la profession légale, dit un auteur, nous pouvons avouer franchement que des fils de barbiers, d'épiciers, de mesureurs de charbon, des enfants trouvés, des terrœ filii du satiriste, ont contribué à donner de la dignité au principal siège de la justice et ont fait l'honneur des coussins du banc. Le large fleuve de notre noblesse est alimenté par des petits ruisseaux, dont l'origine obscure échappe à la vue des curieux et par une série de fontaines souterraines 1 .» On voit, en effet, que les ducs de Norfolk, de Devonshire et de Manchester, cinq marquis, trente-un comtes, un vicomte et quarante barons sont les descendants d'anciens juges 2.
Avant de quitter ce sujet, il n'est pas sans intérêt de donner quelques indications sur le costume des magistrats.
Une ordonnance d'Edouard III prescrivait au conservateur de la garde-robe de donner à chacun des juges : pour l'été, une demi-pièce de drap fin et une pièce d'étoffe de soie; pour l'hiver, une autre demi-pièce de drap de couleur, avec un chaperon, et trois pièces de fourrure d'agneau blanc ; enfin, à la Nativité, trente-deux peaux de petit-gris. Sous Richard II, le chef justicier recevait dix aunes de taffetas vert et les juges pareille mesure de drap de même couleur; sous Henri VI, on remettait à chacun des juges dix aunes de violetcramoisi et, pour l'été, dix aunes de drap vert3. La forme