II. — CONTROLE DU PARLEMENT
Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur le pouvoir que possède le Parlement, dans l'exercice de ses fonctions législatives ; on a vu, dans le précédent chapitre, qu'il a successivement dépouillé la Couronne de la plupart des privilèges dont elle avait joui et qu'à lui seul appartient désormais le droit de créer ou de supprimer les cours de justice, d'en déterminer les attributions, de fixer le chiffre du personnel, en un mot, de régler tout ce qui concerne l'organisation judiciaire.
Là ne s'arrête pas l'autorité des deux Chambres. Le Parlement, suivant le terme qu'emploient les auteurs, est « la grande enquête de la nation » ; c'est à lui de tout surveiller et, pour emprunter le mot vulgaire mais expressif que j'ai cité autrefois, de promener partout « cette trompe d'éléphant, qui saisit à la fois les plus gros arbres et les plus fines aiguilles ».
C'est un principe constitutionnel que Tune des fonctions essentielles des Chambres consiste à maintenir les lois et à redresser les griefs des citoyens1 et, dans un