I. — LE PALAIS DE JUSTICE
Depuis leur origine jusqu'à nos jours, les cours supérieures ont été dispersées dans divers locaux éloignés les uns des autres, presque tous exigus et incommodes. Les cours de loi coutumière siégeaient à Westminster hall, celles de Chancellerie à Lincoln's inn, etc.
La justice possède aujourd'hui un palais digne d'elle. En môme temps que le législateur établissait l'unité desjuridictions supérieures, en créant la Cour suprême, le Gouvernement faisait élever, au centre de Londres, un vaste édifice destiné à recevoir tous les tribunaux
LE SER\ [CE JUDICIAIRE
jusqu'alors dispersés. Ce monument, auquel la loi a donné le nom de « Cours royales de justice », s'élève a l'extrémité du Strandi sur les limites mêmes delà Cité, naguère indiquées par la porte de Temple bar^ el dans le voisinage presque immédiat des trois principaux inns of court .
L'édifice est lourd et massif, mais l'extérieur n'en a pas moins un caractère imposant. L'intérieur est <Ii\isi; en deux parties, par un hall immense, que l'on nommerait, en France, la salle des pas perdus. A droite, sont les dix salles d'audience de la section du Banc de la Reine et les deux salles de la Cour d'appel ; à gauche, les cinq chambres de la section de Chancellerie et les deux chambres des testaments et divorces. Chacune d'elles est de dimensions restreintes et éclairée par le haut; l'image du Christ, qui se trouve dans nos tribunaux, est remplacée par les armes de la Reine. Les juges siègent sur une estrade assez élevée, ayant devant eux un petit pupitre mobile; au-dessous est assis l'associé; en face sont des bancs disposés en gradins : le premier, réservé aux conseils de la Reine, le second aux juniors., les autres aux avocats qui viennent en amateurs, aux témoins, aux parties; sur l'un des côtés, est une petite enceinte nommée loge {box) dans laquelle sont deux bancs à six places pour le jury et, vis-â-vis, une sorte de tribune à l'usage des témoins. Le public est assis dans une galerie supérieure faisant face au juge et à laquelle on accède par des escaliers et des corridors absolument indépendants.
La décoration des salles est de la plus extrême simplicité : aucun ornement, aucune dorure. Il n'y a