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LES TOURNÉES D'ASSISES

quelques psaumes, l'évêque donne sa bénédiction et la procession retourne à ce que l'on nomme les judge lodgings. Ce sont généralement dos maisons meublées simplement, mais assez spacieuses; elles doivent, en effet, offrir asile, non seulement au magistrat, mais encore à ses secrétaires, à ses serviteurs et parfois à sa famille.

Le lendemain, le juge se rend, avec la môme pompe, au palais de justice, si l'on peut donner ce nom aux bâtiments généralement très modestes des villes de province. Il y est reçu par le maire, revêtu de sa robe de cérémonie et entouré des conseillers communaux. II prend place sur son siège, devant le pupitre où l'on a mis, à son intention, un bouquet. S'il n'y a aucune affaire criminelle, le shériff lui présente une paire de gants blancs et l'on commence à juger les causes civiles. Dans le cas contraire, qui, naturellement, est beaucoup plus fréquent, le shériff se place à droite et le chapelain à gauche, et le juge ouvre les assises. Après avoir reçu le serment du grand jury, il revôt la robe et la perruque ordinaires, et il procède au jugement des causes criminelles, dans les formes qui seront indiquées aux chapitres sur la procédure.

Dans la soirée, le lord évèque offre au juge, au shériff et aux membres du grand jury, un dîner suivi d'une soirée, dont Mra« l'évêque 1 fait agréablement les

1. — La Reine Elisabeth, qui avait horreur des clergymen mariés, ayant été reçue par l'archevêque de Gantorbéry à Larcibeth , dit à la femme du prélat : « Je ne puis vous appeler, Madame, il me déplaît de vous appeler Mademoiselle, mais je vous remercie beaucoup. » Le fait est que, tandis que l'archevêque et l'évêque sont lords, leurs femmes n'ont pas même le titre de lady, qui est porto par l'épouse du plus simple chevalier bachelier; elle est simplement mistress.

l.i: SERVICE JUDICIAIRE

honneurs. A cette occasion, le juge porte le costume de cour : liabil de velours noir, gilet brodé, chemise à jabol de dentelle, culotte courte et souliers à boucles.

Pondanl toul le temps de leur séjour dans une ville, les juges d'assises circuleni dans les mêmes conditions, Bail pour aller au palais do justice, soit pour en revenir; ils sont escortés des constables et des trompettes et voilures dans le même carrosse de gala. Le luxe des équipages et des domestiques est naturellement moindre, dans certains comtés, où le shérifF n'a qu'une modeste fortune, cas qui so présente assez fréquemment aujourd'hui.

La durée des audiences, en circuit, est très variable : tantôt les juges ont trop de temps, tantôt ils n'en ont pas assez. Quelquefois, en établissant d'avance l'itinéraire d'après le nombre des affaires inscrites, on a calculé qu'il faudrait trois jours pour liquider la liste des causes de nisi prius et il se trouve qu'une ou plusieurs de ces alfaires sont rayées du rôle, par suite d'une transaction, si bien que tout est fini en quelques heures. Le juge ne peut aller dans la ville voisine où il n'est attendu que le surlendemain et il n'a plus qu'à flâner, jusqu'au moment du départ. D'autres fois, au contraire, une cause civile ou criminelle dure beaucoup plus longtemps qu'on ne l'avait prévu et l'on est au dernier jour ; il faut que le juge soit, le lendemain, dans la localité indiquée par son itinéraire. Alors, on fait des efforts surhumains, on prolonge la durée de l'audience et l'on voit parfois des juges siéger pendant une partie de la nuit1.

4. — Dans une audience de circuit de l'Ouest, le 9 décembre 1888, 1e jug<; a siùyù de dix heures du matin à deux heures de la nuit sui-

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