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III. — LES TOURNÉES D'ASSISES

Quoique l'ancien mode de parcourir les circuits d'assises ait été profondément modifié par l'ouverture des chemins de fer, qui sillonnent aujourd'hui toutes les parties de l'Angleterre et desservent toutes les villes où doivent siéger les juges, l'ancien cérémonial n'a pas complètement disparu.

Quelquefois, les voyageurs aperçoivent, sur le quai de la gare où s'arrête leur train, un gentleman vêtu d'un habit rouge brodé d'argent, suivi de domestiques en grande livrée : c'est le shériff. Un autre gentleman^

LE SERVICE JUDICIAIRE

eu costume ordinaire, descend de wagon, s approche du premier cl se nomme à lui : c'est le juge d'assises. Pendant le s ha /ce hands qui suit, éclate une fanfare et, tandis que lesous-shériffou un autre agent s'occupe de la femme et des bagages du magistrat, celui-ci monte dans un carrosse de gala, généralement attelé de quatre chevaux. Les constables, qui presque partout remplacent aujourd'hui les javelymen, ouvrent la marche, puis viennent les trompettes, parfois accompagnées de cornets à piston, qui jettent, de temps à autre, quelques notes criardes, et le cortège se rend au pas, jusqu'à la maison que le shériff a louée pour servir de résidence au juge.

Pendant ce temps, les cloches sonnent à toute volée; sur la route, les passants s'arrêtent, les gamins rient et suivent la procession, les chiens hurlent toutes les fois que les musiciens opèrent, et l'on parvient ainsi à destination. A l'arrivée, les constables forment la haie et les musiciens soufflent dans leurs instruments, dont ils ont l'intention, à peu près évidente, de tirer le God save the Queen.

Le juge monte dans ses appartements, coiffe sa grande perruque à marteaux et revêt sa robe rouge de cérémonie ; si la ville dans laquelle il se trouve est le si» <re d'un évêché, il met, en outre, le grand manteau, et le lord chef justicier passe son collier d'or. Le cortège se reforme et se rend à la cathédrale ; Févèque reçoit le juge, sur le seuil, et le conduit dans le chœur. Le magistrat est alors condamné à entendre un sermon, déjà cent fois rabâché devant lui, sur la justice humaine et la justice divine; le chœur chante

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