‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 162 sur 481 · LA PROCÉDURE SAXONNE · texte numérisé non relu

LA PROCÉDURE SAXONNE

du cas, soit plonger la main ou le bras clans l'eau et retirer une pierre déposée au fond du vase, soit saisir le fer et le porter jusqu'à la distance de neufs pieds. Pendant ce temps, on récitait des prières, pour demander à Dieu de faire éclater la vérité, puis on enveloppait la main, en scellant les bandages et, au bout de trois jours, on l'examinait, pour voir si elle était impure ou nette 1 .

En fait, le supplice n'était pas aussi terrible qu'on le pourrait croire. Outre la facilité qu'avait l'accusé de s'entendre avecle prêtre, d'obtenir la substitution d'une pierre ou d'un fer froid, ou de faire prolonger les prières, de façon à refroidir ces objets, on connaissait certains moyens de rendre la peau moins sensible, pendant quelques instants ; enfin la main était soigneusement couverte après l'épreuve et soustraite au contact de l'air. On n'exigeait pas, d'ailleurs, qu'il n'y eût aucune brûlure apparente, mais seulement que la main ne présentât pas ce que l'on appelait l'aspect impur 2.

L'épreuve de l'eau était assez bizarre : aller au fond était signe d'innocence, rester à la surface, preuve de culpabilité; l'innocent devait donc se noyer et le coupable ne sortir de l'eau que pour subir la peine attachée au crime. Était-ce, comme le pense un éminent auteur, le moyen de permettre à l'accusé de se suicider pour échapper à l'infamie3?

Il y avait encore deux épreuves moins fréquemment employées et généralement réservées aux clercs : l'une était dite : offra execrata ou co?*sned. On plaçait, sur l'au-

{. — Wilkins, Leges Ina, p. 27.

2. — Turner, History of the Anglo-Saxons, vol. Ilf, app. 3, ch. vin.

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