‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 250 sur 481 · L'APPEL A LA BARRE · texte numérisé non relu

L'APPEL A LA BARRE

de l'appel, ce secours leur serait singulièrement utile; beaucoup d'entre eux ne comprennent ni la véritable signification, ni la portée de ce qu'on leur demande. Ils sont désemparés et incapables de dire un mot. Cela semble tout particulièrement cruel, comme lord Derby le faisait remarquer dans une enquête parlementaire, lorsque deux individus sont accusés d'un même crime et que l'un a, près de lui, un défenseur, tandis que l'autre en est privé *.

Et ce qui augmente encore la gravité de cette situation, c'est qu'il n'y a pas d'interrogatoire. C'est le cbef justicier Holt qui a fait disparaître, il y a deux siècles, la coutume de reprocher aux accusés leurs antécédents, et cela est sans doute très humain ; c'est également par humanité que l'on a supprimé l'interrogatoire, mais il est bien des cas cependant où cette mesure prise en faveur du coupable peut être préjudiciable à l'innocent.

« Lorsqu'une condamnation injuste est prononcée, dit le juge Stephen 2, elle vient habituellement de ce qu'un homme pauvre et ignorant a été traité comme s'il était riche, bien conseillé et convenablement défendu. Lorsqu'on a assez d'argent pour se procurer les services d'avocats et de solicitors habiles, et pour assigner tous les témoins nécessaires, la présomption que tout ce qui est utile est dit, que rien n'est omis, si ce n'est parce qu'on le veut bien, est probablement vraie, et je pense que rien n'est plus juste et plus complètement satisfaisant qu'un grand jugement rendu dans ces conditions. Au contraire, un accusé pauvre et mal conseillé est toujours

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