‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 289 sur 481 · PÉRIODE SAXONNE · texte numérisé non relu

PÉRIODE SAXONNE

Les lois sur l'adultère fixaient le taux de l'amende, d'après le rang de la femme qui s'en rendait coupable : le tarif s'élevait à cinquante shillings, lorsque Ton commettait le crime avec une fille d'honneur du Roi, et descendait à cinquante scoetas, lorsqu'il s'agissait de la dernière servante d'un ceorl l. Le viol était puni plus sévèrement : quand il était commis sur une vierge, le coupable devait payer cinquante shillings au père ou au seigneur, et on le condamnait à épouser la victime, si la famille ou le seigneur l'exigeait. Dans les autres cas, l'amende était de vingt shillings; mais si la femme se trouvait enceinte, le coupable devait payer une compensation de trente-cinq shillings, plus une amende de quinze shillings, au profit du Roi. Alfred modifia la législation, en fixant le chiffre de la compensation, d'après le rang du mari outragé 2, et aussi d'après la gravité de l'attentat 3, mais il décida que la pénalité serait réduite de moitié, s'il était prouvé que la femme n'en était pas à son coup d'essai. L'esclave coupable de viol était mutilé 4.

Quoique la composition ou l'amende fussent les châtiments les plus ordinairement appliqués, le législateur en édicta successivement plusieurs autres, afin de no pas assurer aux riches une impunité presque absolue. On trouve donc encore, dans les lois saxonnes, certains textes, qui punissent divers crimes d'emprisonnement,

1- — Wilkins, Leges Saxon., 2, 3, 7. Les lois do Canut condamnaient la femme adultère à avoir le nez et les oreilles coupés.

2. — Elle variait entre quarante et cent vingt shillings; — Wilkins, Leges Saxon., p. 37.

3. — Prendre le cou de la femme d'unceo/7, cinq shillings : — la jeter pur terre, sans aller plus loin, di.v sliilUnjs ; — pour le surplus, soixante shillings.

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