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Acte 29 et 30, Victoria, ch

2. — En examinant le tableau dans lequel se trouvent énumérés les noms de tous les enfants envoyés par les tribunaux dans les écoles de correction, pendant une année, on voit que les faits, à raison desquels la condamnation a été prononcée, sont généralement très légers : P. M., vol d'une bouteille de bière; un mois de prison et cinq ans d'école de correction. T. R., vol d'une paire de bottes valant moins de 4 francs; dix jours de prison, avec tra vail pénible, six coups de canne et cinq ans d'école correctionnelle. F. T., vol d'un gâteau; un mois de prison et cinq ans d'école de correction; aucun de ces enfants n'était en état de récidive. La plupart des autres cas sont des larcins simples et les objets volés sont d'une valeur à peu prés insignifiante. Plusieurs enfants surpris couchant en plein air sont condamnés à dix jours de prison et enfermés, pendant trois ans, dans une école correctionnelle.

\\. — Une loi récemment votée permet aux directeurs de ces écoles de placer eu apprentissage les enfants détenus, depuis un an au moins, ou môme de les faire émigrer, pourvu que les parents y consentent (art. 54 et 55, Victoria, ch. 23).

qués par les règlements généraux 4, et dont voici les principales dispositions :

Chaque enfant doil avoir un lil séparé, et une nourriture suffisante. L'enseignement doit comprendre la lecture, récriture, l'arithmétique et, s'il est possible, quelques éléments d'histoire, de géographie et de musique vocale: les leçons doivent occuper trois heures, chaque jour. Le travail industriel consiste, pour Jes garçons, dans le jardinage et les menus travaux manuels: pour les filles, dans le travail à l'aiguille et le blanchissage; il ne doit pas durer plus de six heures, par jour.

On doit réciter, quotidiennement, les prières du matin et du soir, avec louanges à Dieu, suivies d'une lecture de l'Lcriture sainte et de l'instruction religieuse; le dimanche, les enfants assistent aux exercices du culte auquel ils appartiennent.

Le directeur peut punir les fautes 2, mais tout châtiment doit être inscrit dans un registre spécial soumis à l'inspecteur et au conseil de surveillance. Il doit y avoir aussi un système de récompenses et d'encouragements.

Les récréations et exercices doivent durer deux heures, au moins, chaque jour 3.

1 . — General rules and régulations for the management of certi/ied reformatory sckools for the détention of juvénile offenders under the provisions of the statule 29 et .70, Victoria, ch. 117.

2. — Les châtiments sont la perte du rang ou des privilèges obtenus par la bonne conduite, la privation d'un repas, qui est remplacé par le pain, l'eau et le gruau; la détention en cellule, de trois à sept jours; le fouet appliqué sur le postérieur, avec une baguette de bouleau jusqu'à concurrence de dix-huit coups, ou huit coups de canne sur la main ; mais aucun châtiment corporel ne peut être inihgé que par le directeur ou en sa présence.

3. — Voici, par exemple, le règlement du Boys home reformatory,

LES ÉCOLES CORRECTIONNELLES

Les parents peuvent correspondre avec les enfants et les voir, une fois tous les deux mois. Un médecin doit visiter périodiquement l'école. Enfin, toute addition aux articles du règlement général doit être soumise à l'approbation du ministre de l'Intérieur.

Les clauses obligatoires sont à peu près semblables, pour les écoles industrielles1.

Lorsque lesconditions indiquées par lerèglement sont remplies, le ministre de l'Intérieur accorde un certificat qui confère à l'école le droit de recevoir les enfants renvoyés par les cours de justice et de toucher les subventions de la Trésorerie.

Aux termes du règlement du 23 avril 1884, ces subventions sont ainsi fixées, pour chaque enfant et par semaine : sur les vaisseaux d'instruction, sept francs cinquante ; dans les écoles industrielles ordinaires, de six francs vingt-cinq centimes à quatre francs vingt centimes. Ces sommes sont toutes réduites à trois francs soixante-quinze centimes, pour les enfants ayant moins de dix ans et pour ceux détenus pendant quatre ans qui ont atteint l'âge de quinze ans. Pour les enfants incorrigibles ou pour les vagabonds reçus, en vertu des lois de 1866 et de 1876, l'allocation hebdomadaire est de deux francs cinquante centimes. La Trésorerie n'ac-

à Wandsworth common ; il est à peu prôs'le même dans tous les établissements : •> 1». 40, réveil ; — 5 h. 50, école; — 7 h. 40, toilette et jeux; — 8 h. 15, déjeuner; — 8 h. 35, instruction religieuse et prière; — 9 h., école; — 9 h. 50, atelier de travail ; — 12 h. 30, déjeuner et récréation ; — 2 h., atelier de travail; — 5 h., jeux et lavage; —6 h. 45, souper; — 7 h. 20, prière et instruction religieuse ; — 8 h., coucher. — Les enfants peuvent avoir une ou deux sorties, dans l'année, et trois jours, à Noël.

i. — Voir : General rules for the management and discipline of certified induslrial schools for the détention of children under the provisions of the statute 29 and 30, Victoria, ch. 118 (31 mars 1881).

[/EX ÊCUTION DES PEINES

corde rien, pour les enfants âgés de moins de six ans, ni pour ceux qui sont envoyés des workhouses, sur la demande des guardians des pauvres.

\u\ subventions de l'Etat, qui seraient insuffisantes pour couvrir les dépenses, les conseils de comté et les conseils communaux ajoutent généralement une somme qui varie entre un franc quatre-vingts et trois fraucs dix centimes, par jour. Enfin, les parents qui en oui les moyens peuvent être tenus de contribuer à l'entretien de leurs enfants.

La discipline est généralement très satisfaisante, dans Ions ces établissements. On cherche à la maintenir plutôt par l'espoir dos récompenses que par la crainte des châtiments. Pour les filles, par exemple, le règlement porte que chacune peut gagner, chaque jour, deux points, pour le travail à l'aiguille, le blanchissage ou autre travail domestique, et deux points pour l'étude. Toute infraction aux règles, tout acte d'inconduite sont punis de la perte des points de la journée et, au besoin, d'une réduction du nombre de ceux antérieurement gagnés *.

Tous les six mois, les enfants qui ont été, pendant les trois quarts du temps, dans le premier grade, c'est-àdire qui n'ont perdu aucun point, reçoivent une récompense spéciale.

Les enfants qui ont passé leur jeunesse dans ces écoles en conservent généralement un bon souvenir2, et se

\ . — The Management of reformalory schools for girls, by miss Chris"

LiiOLD Nicoll.

2. — J'ai toujours été frappé, en visitant ces écolcs> fie l'air joyeux et paisible < I » * s enfants ; rien ne rappelle et ne sent la prison.

LES ÉCOLES CORRECTIONNELLES

montrent reconnaissants des soins qu'ils ont reçus ; après leur libération, ils restent en rapports avec les directeurs, viennent les voir ou leur adressent des lettres parfois très touchantes, auxquelles ils joignent souvent leur portrait photographié.

Les écoles correctionnelles certifiées sont au nombre de quarante-cinq, dont trois sont installées sur des vaisseaux. Elles ont reçu, en 1891, 835 garçons et 133 filles, soit 968 enfants *, dont la moitié à peu près avaient été condamnés à dix jours de prison seulement2. La durée de leur séjour dans les écoles devait être, dans la plupart des cas, de quatre à cinq ans. Le nombre total des enfants détenus était, à la fin de l'année, de 3.983. Les sommes payées par l'État se sont élevées, en chiffres ronds, à 1.700.000 francs; celles versées par les parents à 123.500 francs.

Il existe actuellement cent trente-six écoles industrielles certifiées, dont six établies sur des vaisseaux. Il leur a été envoyé, pendant Tannée 1891, 5.863 garçons et 1.278 filles, soit, en tout, 7.141 enfants.

La population totale de ces divers établissements était, à la fin de l'année, de 16.652 enfants des deux sexes, le plus grand nombre ayant de douze à quatorze ans. Une somme de 7.370.000 francs a été dépensée en 1891, dont 2.814.000 francs ont été payés par les parents des enfants détenus.

Chaque année, le ministre de l'Intérieur présente au

1. — Depuis le vote de l'acte de 1854 (17 et 18, Victoria., ch. 86), le nombre des enfants envoyés dans ces établissements a été de 36.900 garçons et 7.778 filles.

2. — Quatre-vingts pour cent de ces enfants avaientété condamnés à raison de larcins. Sur les 968 enfants, 533 étaient récidivistes.

L'EXÉCUTION DES PEINES

Parlement un rapport sur le service des écoles correctionnelles et »lcs écoles industrielles ; il constate généralement que ces établissements sont bien tenus, et il signale, parmi les meilleurs, ceux dans lesquels les petites Glles sont sous la direction des sœurs de charité i.

[ci finit le tableau du système judiciaire normal de I' Angleterre ; il me reste, pour compléter l'étude que j'ai entreprise, à faire connaître l'organisation des juridictions exceptionnelles, qui fonctionnent à côté et en dehors des tribunaux de droit commun, et à exposer les organisations judiciaires spéciales à l'Ecosse et l'Irlande. Tel sera l'objet de la dernière partie de cet ouvrage.

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