V. — LE BARREAU ET LES AVOUÉS
Dès le commencement du xin« siècle, sous le règne de Jean sans Terre, la loi coutumière d'Angleterre fut introduite en Irlande, mais la loi écrite n'y fut déclarée applicable que sous le règne de Henri VII 2. Pour faci-
dc police correctionnelle, certains actes criminels, lorsque l'on craint que le jury prononce un acquittement.
1. - Voici le texte de la loi du 2 mars 4 881 (44, Victoria, ch. 4) :
« Toute personne qui est déclarée, par un warrant du lord lieutenant, être raisonnablement soupçonnée d'avoir, à une époque quelconque, depuis le 13 septembre 1880, été coupable ou complice d'un crime de haute trahison, treason felony ou treasonable practices. où qu'il ait été commis, ou de tout crime puni par la loi, commis depuis le 13 septembre 1880, dans un district proclamé et constituant un acte de violence, d'intimidation ou tendant à gêner ou à troubler le maintien de la loi et de l'ordre, peut être arrêtée, en un point quelconque de l'Irlande, et légalement détenue, pendant la durée du présent acte, dans telle prison qu'ordonnera le lord lieutenant, sans caution ou main-prise. Elle ne sera libérée ou jugée par aucun tribunal, autrement que par l'ordre du lord lieutenant. Tout warrant constituera une preuve sans réplique de toutes les énonciations qu'il contiendra et de la légalité de l'arrestation et de la détention de la personne y dénommée. Si un membre de l'une des Chambres du Parlement est arrêté en vertu du présent acte, le fait sera immédiatement communiqué à la Chambre dont il est membre, si c'est pendant la session ou, si non, immédiatement après la réunion du Parlement, de la même manière que s'il était arrêté à raison d'un crime. » — On sait que plusieurs membres du Parlement, notamment MM. Parnell, Sexton, Dillon etO'Kelly, ont été arrêtés, en vertu de cette loi et que la Chambre des communes a refusé, par 45 voix contre 174, de faire examiner, par un comité, la question de privilège (séance du 7 février 1882).
2. — Acte 10. Henri VU, ch. 2, ultérieurement complété par les
f,;;s BYS1 ÈM E JUDIC1 URE DE L'IRLANDE
liter au\ membres du barreau l'étude de colle législation, un acte du Parlemenl irlandais décida que les jeunes gens aspirant au titre de barrister devraient fréquenter les inns of court de Londres, afin « d'étudier, de pratiquer el d'apprendre, le mieux possible, les lois du Roi i ».
Depuis 1885, les étudiants ne sont plus astreints à observer quatre termes, dans les hôtels de cour de Londres, la loi avant converti cette obligation en une simple faculté Ils sont simplement tenus d'observer douze termes, dans les inns of court de Dublin. Ces hôtels sont d'origine ancienne. Edouard Ier les avait établisà Collets inn; mais, au xive siècle, les avocats s'installèrent dans un bâtiment que leur avait donné sir Richard Preston et qui portait le litre de Prestoiis inn. Plus tard, Henri VIII leur fit don du couvent des Dominicains, qui prit le nom de King's inn et qui est encore le siège de la corporation.
Les études de droit ne sont ni plus brillantes, ni plus solides que sur l'autre rive du canal Saint-Georges, et c'est surtout par la pratique que l'on s'initie à la profession d'avocat.
U attorney général et le solicitor général sont les représentants officiels du barreau, et un certain nombre d'avocats distingués reçoivent, comme en Angleterre, le litre de Conseil de la Reine.
Les fonctions d'avoué étaient naguère remplies par
statuts 3 et 4, Guillaume III, ch. 4, - et 21 et 22, Georges III, ch. 48.