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CONSTRUCTION DES PROTOTYPES DEFINITIFS DU MÈTRE ET DU KILOGRAMME

D'après l'art. 2 de la loi du 18 germinal an III (p. 65), le prototype devait être « une règle de platine sur laquelle sera tracé le mètre ». Il semble donc que ce prototype aurait dû être un mètre à traits; mais, à cette époque, on ne construisait que des étalons à bouts, et il semble que le texte que nous venons de rappeler dépassait la pensée de ceux qui l'avaient rédigé. Quoi qu'il en soit, tout le monde entendait que le prototype serait un mètre à bouts.

Borda se proposait de déterminer le mètre définitif par les moyens qui lui avaient si bien réussi pour le mètre provisoire (^) (p. 90 et suiv.). En conséquence, on fit construire de bonne heure, par Janetti (appelé pour cela à Paris sur la fin de 1795) (^), quatre règles de platine d'environ i'^ de long. Mais Borda étant mort le 2 ventôse an VII (1799 février 20), avant la fixation du mètre définitif, les Commissaires chargés de la construction de ce prototype trouvèrent la méthode de Borda trop

(*) Base du Système métrique, t. III, p. 6gi.

(*) G. WoLF, Recherches historiques sur les étalons de poids et mesures de l'Observatoire {Ann. de l'Observatoire, Mém. XVII, p. G 43).

Construction des prototypes définitifs du mètre et du kilogramme, idj

compliquée, l'abandonnèrent, et l'on n'eut pas besoin de terminer les quatre mètres de platine.

D'abord, on désirait atteindre la précision de jyïïtf ^^ ^'g"^? et l'on soupçonnait que le vernier du curseur qui s'adaptait à la grande règle de Lenoir (p. 86, note) ne pouvait donner cette fraction avec sécurité. En conséquence, Lenoir construisit ce qu'il appelle un « mécanisme » qui donnait, en effets les millièmes de ligne et qu'on adapta à la grande règle de i3 pieds. Ce mécanisme ou comparateur n'existe plus, mais Delambre dit qu'il différait peu d'un autre comparateur, construit par le même artiste en 1804, et qui se trouve encore à l'Observatoire de Paris. M. Wolfpense même que diverses pièces de ce dernier proviennent de celui qui fut employé pour le mètre définitif. Il est d'ailleurs sensiblement identique, à de petits détails près, à celui décrit par Prony dans le tome III (p. 447-462) de la Base du Système métrique. Le principe de ce « mécanisme )> de Lenoir est de multiplier les longueurs à évaluer par le moyen d'un levier coudé à branches très inégales. En même temps qu'elle reçut ce comparateur, d'ailleurs mobile, la grande règle de cuivre de i3 pieds fut munie d'un nouvea'u butoir, mobile aussi, tandis que celui que fit ajouter en l'an VII la Commission, pour la comparaison des toises et des règles, est fixe; on lui adapta également des pièces qui devaient assurer le parallélisme des bords de la règle avec les arêtes des mesures à comparer.

Pour la construction et la vérification du mètre définitif, Delambre ne donne pas tous les détails que l'on désirerait (M. On

( '■ ) Après avoir mentionné le comparateur fait par Lenoir pour vérifier le mètre définitif, Delambre ajoute que la Commission compara d'abord les toises à la rçgle de platine n" I,

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pourra rapprocher de sa note sur le mètre définitif (Base, t. III, p. 691-692) une facture de Lenoir, publiée par M. G. Wolf dans ses Recherches historiques sur les étalons de poids et mesures de l'Observatoire, p. C 49).

On fit faire, dit Delambre, douze mètres en fer et deux en platine (évidemment deux des quatre barres préparées par Janetti), et Ton compara ces quatorze mètres entre eux. Puis, suivant les principes de Borda, ces mètres, pris quatre à quatre et bout à bout, furent comparés aux doubles toises (sans doute à deux toises de fer mises bout à bout, ou peut-être au module ou règle n° I). iMais, pour cette comparaison, il avait fallu une pièce supplémentaire, ajoutée à la double toise pour égaler à peu près les quatre mètres : cette pièce avait donc 45^is»«s^ jg (Xq long et il restait à déterminer sa longueur exacte.

Pour cela, on fit faire dix-neuf pièces pareilles, qui furent mises bout à bout (ce qui donnait près d'une toise) et l'ensemble fut comparé à la toise. D'ailleurs on les compara aussi toutes entre elles.

On pouvait donc calculer la longueur de chacune d'elles et la longueur de chaque mètre. Le mètre qui portait le n° 2 se trouva

et il renvoie au Rapport du 2i floréal an VII sur la comparaison des toises avec les règles de Borda (p. 147 ) . H semble donc vouloir dire que cette Commission fit usage du « mécanisme » de Lenoir. Or le Rapport dit expressément (p. 404) que cette Commission se servit du petit chariot ou curseur, ainsi qu'on l'avait toujours fait jusque-là.

Puis Delambre ajoute que la Commission « fît plusieurs expériences sur la dilatation relative du fer, du cuivre et du platine, et demeura convaincue que toutes les expériences de dilatation, faites en grand nombre par Borda, étaient d'une exactitude parfaite ». Or le Rapport du 21 floréal an VII ne parle pas d'expériences sur les dilatations. Au contraire, il était du devoir de la Commission chargée du mètre définitif de vérifier les expériences de dilatation faites par Borda.

En résumé, dans le paragraphe cité de Delambre, le renvoi au Rapport du 2 1 floréal an VII doit avoir été ajouté par erreur, et tout cela semble se rapporter à la Commission chargée d'établir le mètre définitif.

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de la longueur requise et servit ensuite à vérifier les autres. « Ils furent tous trouvés si parfaitement égaux, que la distribution s'en fit, sans distinction, entre les Commissaires, et sans avoir égard aux numéros.»

C'est donc sur ce mètre de fer n° 2 que fut vérifié le mètre définitif (^), déposé aux Archives le 4 messidor an VII (1796 juin 22). Quant au second mètre de platine, il fut plus tard déposé à l'Observatoire.

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