‹ Le système métrique des poids et mesures: Son établissement et saChapitre 28 sur 131 · B. II · texte numérisé non relu

B. II

i62 Chapitre XVIII.

devoit tirer de la mesure parfaitement exacte d'un grand arc du méridien.

» On a choisi celui qui passe de Dunkerque à Montjouy vers Barcelone, et qui embrasse neuf degrés et deux tiers, ou plus du dixième de Tare que l'on aToit à connoître.

» II a fallu lier, par des triangles visuels, tous les points éminens renfermés dans cette vaste étendue, et jamais une si grande opération géodésique n'avoit été faite. Il a fallu vérifier les résultats que donnoient sar ces triangles les opérations et le calcul,' en les rapportant à deux bases sévèrement mesurées; l'une, peu éloignée de Paris, entre Melun et Lieursaint; Tautre, entre Vernet el Salces auprès de Perpignan. Il a fallu, par des observations d'azimut, s*assurei; de la direction des côtés de ces triangles avec la méridienne. Il a fallu des observations astronomiques sur l'arc céleste, correspondant à Tare terrestre qu'on avoit mesuré.

» Les citoyens Méchain et Delambre ont été chargés de .ce travail.

» Surmontant une quantité d'obstacles physiques et moraux, ils s'en sont acquittés avec un degré de perfection dont on n'avoit pas eu d*idée jusqu'à ce jour.

D Et en s'assurant de la mesure qu'on leur demandoit, ils ont recueilli et démontré, sur la figure de la Terre, sur rirrégularité de son aplatissement, des vérités aussi curieuses que nouvelles.

» Le citoyen Delambre a étendu ses observations sur plus de six degrés et demi depuis Dunkerque jusqu'à Rhodes, et il a mesuré les deux bases.

» Le citoyen Méchain a observé depuis Rhodes jusqu'à Barcelone : il n'y a pas eu pour lui de Pyrénées. Et il avoit fait tous les préparatifs nécessaires afin de pousser son travail jusqu'à l'isle de Cabrera, au delà de celle de Mayorque; ce qui auroit porté la connoissance de cette Méridienne à deux degrés de plus au sud, ou à plus du huitième de l'arc compris entre le pôle et l'équateur. On pourra reprendre un jour cette suite de l'opération.

» Celle qui est achevée a prouvé que le mètre réel n'est que de cent quarante- cinq millièmes de ligne plus court que le mètre présumé ou provisoire.

n II a fallu ensuite prendre une division de ce mètre destiné aux mesures de longueur et de surface, l'appliquer aux mesures de contenance, et en faire dériver les mesures de poids, que l'on a fondées sur celui de la quantité d'eau distillée que renfermeroit le cube de la dixième partie d'un mètre.

Présentation des étalons au Corps Législatif. i63

y> C'est au citoyen Lefèvre-Gineau que Tln&titut a confié cette dernière partie de ropération; et il y a mis des soins non moins attentifs ni moins bien conçus que ceux que les citoyens Méchain et Delambrê ont eu à ■ employer pour leur pénible tâche.

» L'Institut national, qui a voulu donner aux résultats de cet important travail la plus irrésistible authenticité, et répandre sur toutes ses parties le plus respectable concours de lumières, a désiré qu*un grand nombre de savans étrangers y prissent part.

9 D'après ce voeu, que vous ne pourrez désapprouver, le Gouvernement a invité les Puissances alliées ou neutres à envoyer en France des savans qui, réunis aux Commissaires nommés par l'Institut national, ont formé la Commission des poids et mesures, et calculé et vérifié toutes les opérations. » ii^'est un devoir de Tlnstitut, Citoyens Législateurs, de vous faire connoître les Savans distingués qui doivent partager cette gloire.

» Il vous les indiquera suivant l'or&re alphabétique de leurs noms : car entre eux tout doit être réglé par les lois de la noble fraternité dont ils sont tous dignes.

9 Ce- sont :

D Le citoyen Msnm., député de la République Bataye; » M. DE Balbb, envoyé par le roi de Sardaigne, et remplacé depuis par le citoyen Vassali;

M Le citoyen Bbrthoixbt, membre de Tlnstitut de France et de celui d'Egypte;

1) Le citoyen Borda, de qui l'Institut pleure la perte depuis le mois de ventôse dernier, qui a inventé le cercle répétiteur auquel les savans ont donné son nom, et dont les citoyens Méchain et Delambrê ont, dans toutes les opérations géodé:>iques et astronomiques, fait le plus utile usage; 8 Le citoyen Brisson, membre de l'Institut; » M. Buggb, envoyé par le roi de Danemark; » M. CiscAR, envoyé par le roi d'Espagne;

» Les citoyens Coulomb, Darcet, Dblambrb, tous trois membres Je i'Iastitut;

M. Fabbroni, député de Toscane, qui a particulièrement concouru au travail du citoyen Lefèvre-Gineau; » Le citoyen Franchini, député de la République Romaine; » Les citoyens HaOy, Lagrangb, Laplacb, Lbpèvrb-Gin]bau et Lbgendre, membres de l'Institut;

lô.j Chapitre XVIII. \-

» Le citoyen Mascheroni, député de la République Cisalpine;

» Le citoyen Méchain, membre de Tlnstitut;

» Le citoyen Mongès, membre de l'Institut de France et de celui d'Égyple ;

» Le citoyen Multedo, député de la République Ligurienne;

» M. Pedrayes, envoyé par le roi d'Espagne;

» Le citoyen Prony, membre de l'Institut;

I' Les citoyens Trallès, député de la République Helvétique,

» Et Van Swinden, député de la République Batave, que la Commission a chargés Pun et l'autre de faire à l'Institut le rapport général et détaillé de tout le travail;

& Le citoyen Vandbrmondb, membre de Tlnstitut;

j) Et enfin le citoyen Vassali, député du Gouvernement piémontais.^

» Nous devons ajouter que l'illustre Lavoisier, si regrette de l'Europe, que le laborieux Tillet, et que le général Meunier, mort à Mayence en détendant la Patrie et la Liberté, tous trois membres de l'Académie des Sciences, avoient eu une part importante à tous les travaux préparatoires.

» Et nous dirons encore que deux artistes célèbres, ici présens avec la Commission, les citoyens Lenoir et Fortin, ont contribué au succès en fabriquant, avec l'habileté qui les caractérise : l'un, les cercles de Borda et les autres instrumens que les citoyens Méchain et Delambre ont employés; l'autre, ceux qui ont été nécessaires à la partie de l'opération relative aux poids, et confiée au citoyen Lcfèvre-Gineau.

Vous aurez remarqué, Citoyens Législateurs, cette utile union des savans étrangers et des sa vans nationaux.

» Elle a été parfaite.

» Les Étrangers se louent de la franchise sans réserve a\ec laquelle les citoyens Méchain, Delambre et Lefèvre-Gineau leur ont communiqué tous les détails, tous les registres, et jusques aux moindres notes de leurs opérations.

» Ces élémens ont été soumis, par les divers membres de la Commission, à des calculs séparés, et dont l'accord presque inconcevable donne le plus grand degré de certitude.

» Vous n'aurez pas manqué d'observer aussi que ce sont deux savans étrangers, un Helvétien et un Batave, à qui la Commission et l'Institut ont remis le soin d'en rédiger, pour ainsi dire, le prccès-vepbal, et d'en résumer l'histoire.

Présentation des étalons au Corpus Législatif. i65

» C'étoit un exemple qu'il convenoit peul-étre à la Nation française de donner de ses justes égards pour les Nations amies. Puissent-elles être toujours bien convaincues que nous les regardons en tout comme de véritables sœurs!

y> Ce choix a été justifié.

» Le citoyen Trallès a fait le Rapport de la manière dont on a reconnu et déterminé les poids.

Le citoyen Van Swinden a décrit la mesure de l'arc du méridien et fondu dans un seul rapport son travail et celui de son collègue.

» L'Institut regrette que l'importance et Turgence de vos travaux ne lui permettent pas de vous donner lecture de ce Rapport, dont le manuscrit, sera déposé aux Archives de la République, et qui vous sera remis individuellement après l'impression.

> Vous auriez éprouvé une grande satisfaction en voyant la multitude des précautions qui ont été prises dans la mesure d'étendue pour s'assurer du centre véritable des différens points de mire; pour traduire eu triangles horizontaux les triangles plus ou moins inclinés, et inclinés en différens sens, que l'on avoit à mesurer; pour niveler cet immense espace de neuf degrés et deux tiers du méridien; pour trouver dans la différente dilatation des méiaux dont on a composé les modules un thermomètre qui mît à portée d'apprécier avec justesse l'inHuence de chaque degré de température; enfin pour empêcher que, dans la mensuration des bases, l'instrument pût être exposé au moindre déplacement, à la plus légère secousse.

» Vous n'auriez pas été moins frappés de celles qui ont été employées pour mesurer et pour perfectionner le cylindre qui, en déplaçant une certaine quantité d'eau distillée, a indiqué la mesure de poids; pour comparer les pesées à l'air libre, et dans le vide et dans l'eau; pour connoître la température où se trouve le maximum de la densité de l'eau dans son état liquide; et pour s*assurer de la différence qui doit exister entre l'étalon usuel fabriqué de laiton et l'étalon prototype en platine, afin que l'usuel qui est d'un métal plus volumineux n'égale exactement que le poids de feau déplacée par l'autre.

i> Ces précautions si habilement multipliées donnent une idée du degré de sagacité auquel peut s'élever l'esprit humain dans les Sciences physiques ; et le compte que le citoyen Van Swinden en a rendu a paru à l'Institut offrir un modèle de la perfection dans l'art d'expliquer leurs travaux, de les faire comprendre même aux citoyens qui n'ont pas spécialement cultivé ces Sciences.

i66 Chapitre XV UL

• Nous possédons à présent et le mètre de la nature pour les mesures de la nature, et le kilogramme vrai qui en résulte.

> Après vous les avoir présentés, l'Institut va en déposer les prototypes

dans les Archives nationales; ils y seront conservés avec un soin religieux.

j) Jamais l'ignorance et la férocité des peuples barbares ne les enlèveront

à la vaillance, au patriotisme, aux vertus d'une Nation éclairée sur ses

intérêts, sur son honneur, sur ses droits.

» Mais si uji tremblement de Terre engloulissoit, s'il étoit possible qu'un affreux coup de foudre mît en fusion le métal conservateur de cette mesure, il n'en résulteroit pas. Citoyens Législateurs, que le fruit de tant de travaux, que le type général des mesures pût être perdu pour la gloire nationale, ni pour Futilité publique.

» Précise'ment dans l'intention d'établir un moyen conservateur du mètre, le citoyen Borda, à qui les Sciences ont tant d'autres obligations, a déterminé, avec la plus grande précision, les dimensions du pendule qui bat les secondes à Paris. Des barres de platine ont été préparées pour faire à volonté, et partout où on les transportera, d'autres pendules de comparaison.

> On va s'occuper àconnohre, avec la même exactitude, la longueur du pendule qui battra les secondes au niveau de la mer, et au quarante<cinquiême degré de latitude, à une température déterminée. On vérifiera scrupuleusement le nombre de millimètres qu'il contient.

M Ensuite avec tout autre pendule du même métal, qui battra les secondes au même degré de latitude, au même niveau, à la même température, et d'après la longueur de ce pendule qu'on saura devoir êire de tant de millimètres, on pourra toujours, sans être obligé de mesurer de nouveau l'arc de la Terre, construire un nouveau mètre prototype qui sera aussi exactement que le premier le dix-millionième de l'arc du méridien compris entre le pôle boréal et Téquateur.

» Tel est le signe de rappel, offert aussi par la Nature, pour le système métrique, dont le travail des citoyens Méchain et Delambre, et celui de la Commission des poids et mesures ont déterminé la base. » L'Instiiut national désire que ce travail ait votre approbation. »

Génissieu, président du Conseil des Cinq-Cents, répondit (*) :

[*■) Base du Système métriquCf t. III, p. 64g.

Présentation des étalons au Coffs Législatif. 167

« Citoyens,

» Ce n'étoit pas assez que les hommes qui observent et étudient la Nature, dont ils surprennent et dévoilent chaque jour les secrets, qui cultivent avec assiduité les plus hautes sciences, qui en étendent le domaine et en rendent Putilité sensible^ palpable et usuelle parle perfâct'.jnnement des arts, et des méthodes extrêmement simplifiées : ce n^étoit pas assez, dis-je, que ces hommes précieux à l'humanité, parmi lesquels l'histoire impartiale, d'accord avec vos contemp>')rains, vojs comptera honorablement, eussent conçu la grande et sublime idée d'asseoir éternellement Tuniformité si désirée des poids et mesures sur une base qui pût être reconnue par tous les peuples de la Terre, et qui, étant invariable parce qu'elle seroit prise dans la Nature, pût convenir à tous les temps et à tous les lieux; ce n'étoit pas assez qu'ils eussent cherché et trouvé celte base; il falloit encore en tirer les avantages, en déduire toutes les conséquences, en assurer et multiplier la jouissance. C'est ce que vous avez fait. Votre hommage, agréable au Conseil, ne le sera pas moins au Peuple français. 11 remarquera avec intérêt que c'est au milieu d'une crise salutaire, et au mo» ment où le cri aux armes se fait entendre pour repousser des barbares, ennemis de toutes les lumières et de toute civilisation, que le travail constant et opiniâtre des savans et des artistes perfectionne et exécute, avec la confiance d'une âerté mâle et républicaine, ce que le génie avoit confu et disposé aussi au milieu des plus grands mouvemens révolutionnaires : tant il est vrdi que l'opposition et la résistance aux pensées et aux institutions libérales sont impuissantes, et ne font que leur donner un nouvel essor, une nouvelle force. Pendant que vous continuerez, citoyen», à répandre l'instruction et les lumières, et à animer' l'esprit public, le Corps législatif, de concert avec le Directoire, travaillera à rappeler Tordre, l'économie, la confiance et le bonheur; et le courage des Français, réunis sous les drapeaux, dirigés par les chefs qui les ont si souvent conduits k la victoire, fera encore pâlir nos ennemis, u

Le même jour, 4 messidor an VII, les Commissaires de Tlnstitut allèrent présenter les étalons au Conseil des Anciens, et donner lecture de la même adresse (p. 160-166].

i68 Chapitre XVIII,

Voici la réponse de P.-C.-L. Baudin (des Ardennes), président du Conseil des Anciens ( *) :

« Citoyens,

D S11 fut jamais une occasion où la loi se soit montrée d'une manière éclatante avec lé caractère auguste qui la rend l'expression de la volonté générale, c'est assurément lorsqu'elle a prescrit l'uniformité de poids et de mesures; uniformité provoquée par PÂssemblée Constituante, depuis consacrée parla Convention nationale dans notre constitution républicaine, et enfin réalisée par les travaux de l'Institut national des sciences et des arts.

» Ne soyons pas néanmoins étonnés si les résultats d'une opération ardemment désirée dans tous les temps et dans tous les pays paroissent reçus avec peu d'empressement de la génération actuelle qui d'abord les avoit aussi demandés avec instance. N'attribyons point le dé.;oût ou même Topposition à l'inconstance, encore moins au secret attachement pour Tancien ordre de choses, quand on ne peut ici soupçonner que la résistance prenne sa source ni dans les principes religieux, ni dans les intérêts de la vanité, ni dans ceux de la fortune. Ce môme Roiisscau, de qui nous avons emprunté l'admirable définition de la loi, nous apprend comment on peut accueillir avec froideur un présent universellement attendu. « Les » hommes, a-t-il dit, préféreront toujours une mauvaise manière de savoir à » une meilleure manière d'apprendre (')». Il n'est personne qui ne se soit récrié contre la prodigieuse variété des mesures, qui n'ait été fatigué d'en changer plus.eurs fois dans l'espace de chemin que celui qui voyagea pied parcourt dans une journée; personne qui ne se soit plaint de voir confondre, par une dénomination identique, des quantités très inégales, et qui n'ait éprouvé ou du moins redouté les surprises que favorisoit cette équivoque au profit de la mauvaise foi; mais, s'il faut le dire, chacun, pour faire cesser cette bigarrure, s'est persuadé quMl falloit que tous adoptassent la nomenclature et les dimensions qui lui étoient personnellement familières.

m Ainsi, quand le vœu général est évidemment exaucé, toutes les prétentions particulières se trouvent déçues.

(M Base du Système métrique^ t. III, p. 65o.

(',) •( Dictionnaire de Musique. *

Présentation des étatons au Corps Législatif. 169

» En vain les deux Assemblées que la Nation avoit investies de pouvoirs les plus éminens, auroient-elles proclamé l'unité des poids et mesures, si la Nation n'a voit aussi fourni des hommes armés de ce pouvoir qu'aucune délégation ne communique, de celui que donne une raison forte, longtemps exercée et perfectionnée par Tétude. Les savans appelés à seconder le vœu du législateur, dévoient choisir entre les innombrables mesures consacrées par Tusage, et fonder la préférence qu'ils auroient donnée à Tune d'elles, sur des motifs tellement imposans que leur évidence subjuguât tous les esprits; ou, si Ton arrivoit à reconnoître que toutes les mesures usitées avoient le vice commun d'être arbitraires, la tâche du génie consistoit alors à ti'ouver une nouvelle base qui, prise dans la Nature, fût inviolable comme elle, et se présentât environnée de toute l'autorité qui dérive d'une telle origine.

» Voilà, citoyens, le service immortel qu'a rendu l'Institut National à la République Française, ou plutôt le bienfait qu'il offre au genre humain; car si une découverte de cette importance honore et les hommes à qui nous en sommes redevables et le siècle auquel elle appartient, elle doit aussi passer aux âges suivans et franchir les limites qui séparent les peuples, pour former entre eux un lien commun qui les unisse.

9 Déjà nous en avons un gage dans le concours de tant de savans coopérateurs, associés à vos travaux par les nations alliées ou neutres. Si la forme des gouvernemens qui les ont envoyés n'est pas la même, ils sont tous citoyens de cette république des lettres essentiellement féconde en sentimens généreux, toujours zélée pour le progrès des idées libérales, et constamment fidèle à l'esprit de fraternité, même au sein des discordes politiques et des fureurs de la guerre.

a Citoyens, la constitution de la République Française, après avoir établi les divers pouvoirs politiques', place à leur suite et sur la même ligne la puissance des lumières qui répand sur eux son éclat; l'Institut est en quelque sorte la science constituée, et si l'autorité doit accueillir, honorer, encourager, récompenser les talens, ils doivent, à votre exemple, dévouer leurs services à la République, et concourir comme vous à son bonheur et à sa gloire.

ï> Ne doutez, citoyens, ni de l'intérêt avec lequel le Conseil des Anciens vient d'entendre les noms de ces illustres étrangers que vous lui avez fait connoître, ni de la satisfaction qu'il éprouve en les voyant réunis avec vous dans cette enceinte, ni de son admiration pour des travaux si habilement

lyo Chapitre XVI II,

conçus, si courageusement suivis et si glorieusement terminés. Soyez également convaincus et du prix qu*il attache au compte lamineux que vous venez de rendre, et de son empressement à jouir de ce Rapport Qh les citoyens Van Svrinden et Trallès ont développé avec autant de clarté que de savoir des détails précieux et si dignes d'être promptemcnt et généralement connus, »

Enfin, aussitôt après, les étalons furent déposés aux Archives de la République. Voici le pîx>cès- verbal de dépôt (*) :

L'an sept de la République Française, une et indivisible, le quatre messidor, trois heures après midi, le citoyen Pierre-Simon-I.aplace, Tun des ex-présidents de Tlnstitut National des Sciences et des Arts, remplaçant le citoyen Bougainville, absint pour cause de maladie, président actuel; le citoyen Louis Lefèvre-Gineau, le citoyen Antoine Mongbz, secrétaires de l'Institut; les Membres nationaux et étrangers de la Commission des poids et mesures; savoir :

u Les citoyens

» Darcet, de l*lnstitut national ^

» Fabbroni, envoyé de Toscane;

» Van Swinden, envoyé de la République Batave ;

» Mascheroni, envoyé de la République Cisalpine;

» Vassali, envoyé du Gouvernement provisoire du Piémont;

» JEuEX, envoyé de la République Batave;

» Lagrangb, de l'Institut national;

» MécfiAiN, de rinstitut national;

M MuLTEDO, envoyé de la République Ligurienne j

» Pedrayes, envoyé de l'Espagne;

» CiscAR, envoyé de l'Kspagne;

» Legenorb, de l'Institut national;

u Trallès, envoyé de la République Helvétique;

» Delahbre, de l'Institut national;

» Brisson, de l'Institut national;

(') Base du Système métrique, t. III, p. 654.

PrésentaliiM des étalons an Cwpt LéfisUuif, 171

» (E$t à observer que les citoyens Lui-lace et Lefévrï-Gi^jeau sont membres de la Commission des poids et ihesures. ]

B Les citoyens Lbnocr et Fortim, artistes, adjoints à la Commission ;

B Le citoyen G.ibk*n-Coulon, membre de i'[nstitut national;

« Après avoir présente à l'un et l'autre Conseils l'jtalon du mètre et l'éialon du kilogramme, l'un el l'autre en platine, se sont rendus aux Archives de la République, pour y faire, en exécution de la loi du 18 germinal an III, le dépût de» deui étalons, renfermés chacun dans une botte

u Le citoyen Abhand-Giston Camus, membre de l'Insliiut national, garde des Archives de la République, a reçu les deui étalons, l'un et l'autre en bon état, el sur-le-champ H les a renfermés dans la double armoire en fer fermant à quatre clefs.

n De ce que dessus, le présent procès-verbal a été dressé en double minute, dont l'une, après avoir été scellée du sceau des Archives, a éti remise au citoyen président de l'Insliiut; et tous les citoyens comparans ont signé arec le garde des Archives de la République.

Signé : Laplace, ex-président de l'Institut National; L. Lbpèvbi- GiNiHD, secrétaire; Antoihe Mongez, secrétaire; Buisson, Delaiibke, Fabbroni, Lagrange, Multedo, h. Mubs, Vassalli, Lbgbndrb, Ciscar, Pedraïes, MÉciiAiN, J.-H. Van SwiHOEN, Fortin, Darckt, Thalles, Lenoir, Mascheroni, J.-Pii. Girhan, Camus.

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